25 Août 2025
Depuis 2017, tout navire qui navigue en semi-hauturière, c’est-à-dire entre 6 et 60 milles d’un abri, doit obligatoirement être équipé d’une VHF fixe. Pour des navigations plus proches du rivage, son usage reste fortement recommandé. Contrairement au téléphone portable, la radio VHF permet de communiquer directement avec d’autres bateaux et avec les CROSS (Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage). Elle offre également une localisation rapide lors d’un appel de détresse.
Deux grands modèles sont accessibles aux plaisanciers : la VHF portable et la VHF fixe.
La VHF portable, d’une puissance maximale de 6 watts, se transporte facilement. Sa portée reste limitée, de l’ordre de 3 à 5 milles.
La VHF fixe, reliée à une antenne, offre une puissance supérieure et peut atteindre une vingtaine de milles.
Certaines radios sont équipées de l’ASN (Appel Sélectif Numérique), aussi appelée DSC en anglais. Couplée à un GPS, cette technologie permet de transmettre automatiquement l’identité du navire et sa position lors d’un appel de détresse.
Les conditions varient selon la zone de navigation. En France, l’utilisation d’une VHF portable sans ASN et limitée à 6 watts ne demande aucune qualification particulière. En revanche, dès qu’il s’agit d’une VHF fixe, d’un modèle plus puissant ou intégrant l’ASN, un permis plaisance ou un Certificat Restreint de Radiotéléphoniste (CRR) est exigé.
Dans les eaux intérieures françaises, l’usage de l’ASN est interdit. Sur les voies fluviales, un CRR fluvial ou le permis plaisance option eaux intérieures est requis pour manipuler les équipements.
Dès que l’on sort des eaux territoriales françaises pour naviguer à l’international, la possession du CRR maritime devient indispensable, quel que soit le type de VHF embarqué.
Le CRR est un examen qui valide les connaissances nécessaires à l’utilisation d’une VHF. L’épreuve théorique couvre la réglementation internationale, les procédures d’appel et de détresse, ainsi que les notions techniques de base. Il se distingue de la licence radio, qui est un document administratif autorisant l’usage des fréquences attribuées à un bateau.
La licence permet d’obtenir un indicatif d’appel unique et, pour les VHF ASN, un numéro MMSI (Maritime Mobile Service Identity). Cet identifiant de neuf chiffres constitue le passeport radio du navire et relie tous les équipements de communication (VHF, BLU, balises EPIRB, AIS).
Pour utiliser légalement sa VHF, le plaisancier doit demander une licence auprès de l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR). Ce document gratuit est obligatoire et doit toujours être conservé à bord. Depuis 2015, l’encodage du MMSI et le couplage GPS sont exigés pour tout navire équipé d’une VHF ASN.
L’avantage de cette configuration est clair : en cas d’urgence, une simple pression sur le bouton « distress » envoie automatiquement l’appel aux secours, accompagné de la position exacte du bateau.
La VHF fonctionne sur des canaux définis. Le canal 16 (156,8 MHz) reste la fréquence universelle de détresse et de sécurité. Tous les navires et stations côtières y sont à l’écoute. Les communications doivent y rester courtes et uniquement liées à la sécurité. Une fois le contact établi, il est recommandé de basculer sur un canal de travail (6, 8, 72 ou 77) pour poursuivre l’échange.
Il existe aussi des canaux spécifiques aux ports, aux CROSS ou aux communications inter-navires. Avant chaque sortie, il est utile de se renseigner sur les usages locaux.
Chaque membre d’équipage devrait savoir utiliser la VHF en cas de problème. Le chef de bord doit expliquer dès l’embarquement comment allumer la radio, régler la puissance en mode « high », et lancer un appel de détresse.
Un appel « Mayday » est réservé aux situations de danger grave et immédiat pour le navire ou son équipage. Le « Pan Pan » sert à signaler une urgence sans danger vital (panne moteur, blessure non critique). Le « Sécurité » permet de diffuser des messages d’information concernant la navigation (épaves, manœuvres de dragage).
Une VHF portable dispose en général de 5 à 8 heures d’autonomie. Pour une navigation de longue durée, il est recommandé d’emporter un chargeur ou des batteries de rechange. Quant aux modèles fixes, ils doivent être alimentés par une installation électrique fiable et régulièrement contrôlée.
Le bon fonctionnement de l’antenne est également crucial : un câble abîmé ou mal connecté peut réduire fortement la portée d’émission.
Certains plaisanciers comptent encore sur leur téléphone pour alerter en cas de problème. Or, la couverture réseau reste incertaine en mer et le portable ne permet pas une communication collective. Surtout, il ne peut pas être localisé par radiogoniométrie. En France, un numéro d’urgence maritime existe toutefois : le 196, accessible depuis n’importe quel téléphone mobile.
La VHF reste cependant l’outil de sécurité prioritaire, capable d’alerter simultanément tous les navires voisins et les services de secours.
Le capitaine est responsable du navire et de ses occupants. Il doit donc former son équipage, même de manière sommaire, à l’usage de la VHF. Une démonstration rapide peut faire la différence en cas d’accident, notamment si le chef de bord est indisponible.
La bonne pratique consiste à placer des consignes écrites près de la radio : numéros d’urgence, procédure d’appel, réglages de base. Ainsi, même un passager inexpérimenté pourra déclencher une alerte.
En résumé, l’utilisation de la VHF repose sur trois piliers : un équipement adapté, le respect de la réglementation et une formation minimale de l’équipage. Chaque plaisancier doit s’assurer que sa radio est correctement initialisée, reliée au GPS s’il s’agit d’une version ASN, et que la licence radio est valide et présente à bord.
Savoir utiliser correctement la VHF n’est pas seulement une question de conformité réglementaire. C’est avant tout un engagement en matière de sécurité collective et un devoir de solidarité en mer.
Licence radio : vérifier qu’elle est à jour et présente à bord.
MMSI et indicatif : s’assurer qu’ils sont bien programmés dans la VHF ASN.
GPS : contrôler le couplage avec la VHF pour une transmission automatique de la position.
État de l’antenne : examiner le câble et les connexions pour éviter toute perte de signal.
Essai d’émission/réception : effectuer un test avec une station portuaire ou un navire voisin.
Mode veille canal 16 : toujours rester à l’écoute de la fréquence de sécurité.
Consignes écrites : afficher près de la radio la procédure d’appel d’urgence.
Formation de l’équipage : montrer à tous comment déclencher un « Mayday » et utiliser la radio.