13 Août 2025
Autrefois, disent-ils, les macareux naissaient avec une longue et fière queue, ornement superbe, mais funeste. Car au moment du premier vol, les labbes, rusés prédateurs du ciel, les capturaient au passage en s’y agrippant. Le cri des mères éplorées résonnait entre les rochers, tandis que les jeunes disparaissaient dans les serres ennemies.
Pour sauver leur espèce, les macareux implorèrent l’aide des pingouins torda. Ces derniers, solennels et discrets, acceptèrent un marché ancestral : désormais, les queues des oisillons seraient coupées à la naissance. Privés de prise, les labbes s’envolèrent ailleurs.
Depuis ce jour, les deux espèces nichent côte à côte, dans une harmonie tacite. Et dans les nids de pierre, l’on retrouve toujours quelques plumes sombres, vestiges de ce rituel salvateur.
Les conteurs des Orcades jurent que cette alliance existe encore. Et si l’on voit, au crépuscule, un macareux tournoyer trois fois dans le silence, c’est, disent-ils, l’esprit d’un ancien revenu bénir la falaise et honorer le pacte scellé entre ciel, mer et roc.
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