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Offre de la dernière chance pour l'Hermione, en faillite à Bayonne

Immobilisée en cale sèche dans le port de Bayonne depuis septembre 2021, l’Hermione se trouve à un tournant décisif de son histoire. La réplique de la frégate du XVIIIᵉ siècle, symbole patrimonial et maritime, est aujourd’hui au cœur d’une procédure de redressement judiciaire. Dans ce contexte, une offre de reprise - non financée - a été déposée par un groupe de six marins, tous anciens membres d’équipage ou proches du projet, dans les délais fixés par le tribunal, soit avant le 6 janvier 2026.

Offre de la dernière chance pour l'Hermione, en faillite à Bayonne

Parmi eux figure Grégoire Lecalot, journaliste à France Info, qui s’est exprimé publiquement sur les motivations de cette initiative. L’objectif affiché par ce collectif est avant tout stratégique : maintenir ouverte la possibilité d’un avenir maritime pour le navire. Les porteurs de l’offre expliquent ne pas se positionner en opposition à l’association actuelle, mais souhaitent proposer une solution alternative si la situation financière devait conduire à une liquidation judiciaire.

Le projet défendu par ces marins repose sur une conviction partagée : la vocation première de l’Hermione réside dans sa capacité à naviguer. Selon eux, le navire prend pleinement son sens lorsqu’il est en mer, engagé dans des campagnes de navigation, de transmission et de sensibilisation. Leur démarche vise donc à préserver cette dimension opérationnelle, en inscrivant le trois-mâts dans un programme progressif de remise en état et de relance.

Sur le plan financier, le chantier est estimé à environ cinq millions d’euros pour permettre au navire de reprendre la mer de manière autonome. Cette enveloppe ne correspond toutefois pas à un besoin immédiat unique. Les travaux seraient étalés par étapes, selon un phasage comparable à celui mis en œuvre lors de la construction initiale du navire. À court terme, les besoins seraient évalués entre un et un million et demi d’euros afin de relancer les opérations techniques en attente.

Au-delà des considérations budgétaires, l’offre portée par ces six marins s’inscrit dans une dimension humaine et collective. Les porteurs du projet mettent en avant le rôle structurant qu’a joué l’Hermione pour de nombreux membres d’équipage au fil des années. Le navire a été, pour certains, un point de départ professionnel vers les métiers de la mer, et pour d’autres, un cadre d’engagement et de formation ayant influencé des trajectoires personnelles durables.

Cette dimension sociale et éducative constitue un axe central de leur réflexion. Le collectif insiste sur l’importance de pouvoir transmettre cette expérience à de nouvelles générations, à travers un projet maritime actif, accessible et porteur de sens. Dans les mois à venir, le tribunal devra examiner les différentes options envisageables pour l’avenir de l’Hermione, dont cette offre de reprise constitue désormais l’une des pistes formalisées.

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