1 Mars 2026
Implanté à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), le chantier MDCP s’impose comme l’un des principaux pôles de reconditionnement de bateaux de plaisance de 10 à 30 mètres en Méditerranée française mais aussi en France. Fin février 2026, l’entreprise fonctionne à pleine capacité, avec six chantiers majeurs en cours simultanément et une vingtaine d’unités de plus de 50 pieds stockées sur parc.
Positionné sur le segment des bateaux de plaisance (voile et moteur) de 50 à 70 pieds, monocoques et catamarans, MDCP intervient sur des opérations de refit lourdes à forte valeur ajoutée. L’activité s’inscrit dans une dynamique de marché où la modernisation d’unités existantes constitue une alternative économiquement rationnelle à l’acquisition d’un bateau neuf.
La compétitivité du chantier repose en grande partie sur ses moyens techniques. Le site comprend :
800 m² de hangar couvert
7 500 m² d’aire extérieure
une dalle renforcée dédiée au stockage sécurisé
des équipements de calage et d’échafaudage spécialisés
MDCP dispose également d’une remorque hydraulique télécommandée capable de manutentionner des unités jusqu’à 95 tonnes, monocoques comme catamarans. Cette capacité permet d’optimiser la rotation des bateaux entre le hangar et les aires extérieures en fonction des phases de travaux, améliorant la productivité globale du site.
Trois unités sont actuellement traitées sous hangar, tandis que cinq bateaux neufs sont en préparation sur un espace dédié distinct.
Le chantier fonctionne avec une équipe de 16 collaborateurs et internalise l’essentiel des compétences nécessaires au refit :
menuiserie
stratification
électricité
électronique
gréement
mécanique
La sous-traitance reste limitée, principalement aux travaux de peinture et de covering. Cette organisation permet une gestion centralisée des projets et une maîtrise des délais d’exécution.
Les opérations menées couvrent des reconfigurations complètes d’aménagement. Les interventions comprennent notamment :
modification de plans de cabine (passage de quatre à trois cabines)
rénovation de menuiseries
transformation de cuisines
optimisation des volumes et de la luminosité
L’objectif consiste à adapter l’unité aux usages contemporains sans modifier l’architecture structurelle du bateau. Les travaux d’aménagement représentent une part significative de la valeur ajoutée des projets en cours.
Les refits incluent fréquemment une modernisation des systèmes électriques et électroniques. L’amélioration des performances, du confort et de la fiabilité constitue un axe central des programmes engagés.
Sur le plan énergétique, les choix des propriétaires reflètent des stratégies différenciées. Certains projets intègrent la suppression de groupes électrogènes au profit de solutions associant panneaux solaires et gestion électrique optimisée. D’autres chantiers consistent au contraire à remplacer des motorisations électriques par des moteurs diesel neufs, en réponse à des contraintes d’autonomie ou de fiabilité opérationnelle.
Ces arbitrages illustrent la réalité d’une transition énergétique progressive et adaptée aux usages.
La dimension environnementale se traduit également par l’évolution des matériaux utilisés. Plusieurs remplacements de pont en teck par du liège sont programmés au premier semestre 2026, le liège étant perçu comme une alternative plus durable et moins contraignante en entretien.
En matière d’antifouling, la demande pour des solutions de type Coppercoat progresse. Correctement appliqué, ce revêtement peut offrir une durabilité comprise entre cinq et dix ans selon les conditions de navigation, réduisant la fréquence des mises à sec et les coûts d’entretien associés. Egalement vers des antifoulings au silicone, alternative eco-responsable, aux antifoulings traditionnels.
Le reconditionnement s’inscrit dans une logique d’optimisation d’actifs. Plutôt que d’investir dans une nouvelle unité, de nombreux propriétaires choisissent de moderniser leur bateau existant, dont ils maîtrisent déjà les caractéristiques nautiques.
Cette approche contribue à prolonger la durée de vie des unités et s’inscrit dans une dynamique d’économie circulaire appliquée au nautisme. Le refit devient ainsi un segment structurant du marché de la plaisance de grande taille.
L’activité actuelle s’appuie sur une expérience accumulée depuis le milieu des années 1990 dans le reconditionnement de flottes charter, notamment aux Antilles. Plusieurs centaines d’unités ont été remises en service dans ce cadre.
Par la suite, des refits de grande ampleur ont été conduits sur des catamarans de charter de plus de 80 pieds ainsi que sur 40 péniches du canal du Midi, entièrement modernisées (motorisation, transmission, hydraulique, climatisation, direction). Ces opérations ont permis de structurer des méthodes de travail industrialisées adaptées aux chantiers complexes.
Le chantier a également développé un espace de services dédié aux propriétaires et skippers, avec une salle de 150 m² aménagée au-dessus du bâtiment principal. Cet espace vise à améliorer l’accueil et les conditions de séjour des clients pendant les périodes de travaux.
Avec un site rempli dès la fin février 2026, une capacité industrielle significative et une intégration poussée des métiers du refit, MDCP consolide sa position sur le segment des 10 à 30 mètres en Méditerranée française.
Dans un contexte de tension sur les délais de production du neuf et de recherche d’optimisation des investissements nautiques, le reconditionnement apparaît comme une solution stratégique. À Canet-en-Roussillon, MDCP en constitue aujourd’hui l’un des pôles industriels les plus structurés.