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La Fonderie Atlantique Industrie se dirige vers une fermeture, un maillon industriel en moins pour la filière navale

La disparition annoncée de la Fonderie Atlantique Industrie (FAI), installée à Nantes, marque un nouvel épisode de recomposition dans l’industrie métallurgique liée à la construction navale. L’entreprise, connue pour produire des hélices de grande dimension destinées à des navires civils et militaires, devrait cesser ses activités dans les prochains mois. Cette décision met fin à une présence industrielle plus que centenaire dans l’ouest de la France.

La Fonderie Atlantique Industrie se dirige vers une fermeture, un maillon industriel en moins pour la filière navale

Aujourd’hui, le site ne compte plus qu’une poignée de salariés. L’information de l’arrêt de l’activité leur aurait été communiquée au début de l’année. Implantée dans le quartier de Chantenay, la fonderie occupe un bâtiment industriel historique qui témoigne du passé industriel nantais, autrefois fortement tourné vers les activités portuaires et navales.

L’entreprise produisait principalement des pièces de propulsion en alliages de cuivre, un domaine nécessitant des procédés de coulée spécifiques et un savoir-faire technique relativement rare. Parmi ses clients figurait notamment Naval Group, acteur central de la construction navale militaire française. La fonderie travaillait également pour d’autres industriels du secteur maritime, contribuant à la fabrication de composants destinés à des navires de grande taille.

La situation économique du site s’était cependant fragilisée ces dernières années. La baisse progressive de l’activité et l’insuffisance du volume de commandes ont pesé sur la rentabilité de l’exploitation. Les revenus de l’entreprise ont diminué récemment, illustrant la difficulté à maintenir un outil industriel spécialisé lorsque la production ne tourne plus à pleine capacité.

L’histoire de la Fonderie Atlantique Industrie remonte au début du XXᵉ siècle. Au fil des décennies, l’entreprise s’est orientée vers la métallurgie du cuivre appliquée au secteur maritime. Comme beaucoup d’acteurs industriels anciens, elle a connu plusieurs interruptions d’activité et des changements d’actionnaires avant de poursuivre son développement. Depuis le début des années 2000, elle est intégrée au groupe Bronzes d’Industrie, une société spécialisée dans les alliages cuivreux qui emploie plusieurs centaines de salariés en France.

La décision d’arrêter la production sur le site nantais aurait été prise par la maison mère. À ce stade, aucune information précise n’a été communiquée sur une éventuelle reprise ou sur un transfert de l’activité vers d’autres installations du groupe. L’avenir des équipements et des compétences techniques développées sur place demeure donc incertain.

Au-delà du cas local, cette fermeture soulève des interrogations plus larges pour la chaîne d’approvisionnement de l’industrie navale. Les entreprises capables de produire certaines pièces de propulsion de grande taille restent peu nombreuses en Europe. Dans un contexte international marqué par une attention croissante portée à l’autonomie industrielle et aux enjeux de défense, la disparition d’un tel site pourrait alimenter le débat sur la préservation des savoir-faire industriels stratégiques.

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