À bord d’un petit bateau, l’espace est compté, mais le risque, lui, ne l’est pas. Loin des cargos et des voiliers de grande course qui embarquent de véritables pharmacies d'hôpital, le skipper d'une unité de moins de 7 mètres doit faire un choix crucial : aller à l’essentiel, mais viser juste.
Voici comment composer votre trousse de secours idéale, celle qui soigne les petits bobos et stabilise les gros pépins en attendant les secours.
1. La règle d'or : Le contenant fait la loi
Avant même de parler de pansements ou de médicaments, parlons du contenant. À bord d’un petit bateau, tout prend l'humidité, tout prend des coups.
-
Oubliez la boîte en métal ou la trousse en tissu basique. Elle finira rouillée ou détrempée.
-
Adoptez la boîte « shockproof » et 100% étanche (type Peli Case ou une boîte de rangement hermétique de bonne qualité à clips).
-
Identifiez-la clairement : Un grand sticker « CROIX ROUGE » ou « SECOURS » bien visible. Tout le monde à bord doit savoir où elle se trouve en un clin d’œil (généralement près de la descente ou dans un équipet accessible, jamais au fond d'un coffre sous les pare-battages).
2. Le cœur de la trousse : La bobologie et les traumatismes légers
Pour avoir vu un équipier se faire ouvrir le pouce par un hameçon rouillé un jour de pétole, je peux vous dire que les mains sont en première ligne ! Les coupures dues aux lignes de pêche, aux coquillages ou à l’accastillage sont les blessures les plus fréquentes.
-
Dosettes de sérum physiologique : Indispensables pour rincer un œil plein de sel ou nettoyer une plaie souillée de sable.
-
Chlorexidine en dosettes unidoses : On évite les flacons qui fuient et qui tournent. La chlorexidine ne pique pas (vos équipiers vous remercieront).
-
Compresses stériles : Exit le coton qui laisse des fibres dans les plaies.
-
Pansements adhésifs étanches (waterproof) : De différentes tailles. En mer, un pansement classique se décolle en trois minutes.
-
Sutures adhésives (type Steri-Strip) : Pour refermer proprement une coupure nette avant de voir un médecin.
-
Bande extensible (type Velpeau) et sparadrap de qualité : Pour faire un pansement compressif ou maintenir une articulation fatiguée.
-
Une paire de ciseaux de secourisme (Jesco) : Capable de couper un vêtement, un bout ou un sparadrap sans blesser.
3. La pharmacie de bord : L'essentiel sans l'inutile
Sur un moins de 7 mètres, on fait rarement de la grande traversée de plusieurs jours. On navigue souvent à vue des côtes ou en sortie à la journée. La pharmacie doit être ciblée.
| Symptôme / Besoin | Ce qu'il faut embarquer | Note du skipper |
| Douleur et fièvre | Paracétamol | Le couteau suisse de la pharmacie. Évitez l'aspirine qui fluidifie le sang en cas de saignement. |
| Mal de mer | Antihistaminique (ex: Mercalm) ou patchs | À prendre avant de quitter le port. Un équipier malade est un équipier en danger. |
| Brûlures / Coups de soleil | Crème type Biafine ou Osmosoft | Entre le soleil, la réverbération et le pont brûlant, c'est un classique. |
| Piqûres (vives, méduses) | Crème apaisante et une pince à épiler | Pour retirer les dards ou les épines d'oursin. |
Le conseil du pro : Pensez à vérifier la date de péremption de vos médicaments au moins une fois par an, idéalement lors du désarmement ou de la remise à l'eau printanière. Penser à y ajouter un antiseptique, au cas ou...
4. L'urgence absolue : Le kit "Gros Pépin"
Parce qu'un abordage, une chute lourde ou une fracture peuvent arriver, votre trousse doit contenir de quoi gérer l’attente des secours (CROSS / SNSM).
-
Une couverture de survie : En mer, l'hypothermie est l'ennemi numéro un, même en plein été après une chute à l'eau.
-
Des gants en nitrile : Pour vous protéger vous-même des infections.
-
Un gel hydroalcoolique : Pour vous laver les mains avant de soigner, car l'eau du seau de pont n'est pas stérile.
-
Un pansement compressif d'urgence : Pour stopper une hémorragie importante.
En bref : la trousse ne fait pas le médecin
Avoir le meilleur matériel à bord ne sert à rien si on ne sait pas s'en servir. Avant de larguer les amarres, prenez deux minutes pour briefer votre équipage : « La trousse est là, la VHF est là, si je tombe dans les pommes, voilà ce que vous devez faire. »
Une bonne trousse de secours, c’est comme un gilet de sauvetage : on espère de tout cœur qu'elle restera sagement dans son coin, mais le jour où on en a besoin, on est bien content qu'elle soit parfaite.
Bonne navigation et bon vent !
/image%2F1044945%2F20260712%2Fob_7c306a_actunautique-base-de-documentation-pou.png)
/image%2F1044945%2F20260712%2Fob_05ff28_actunautique-le-1ere-web-tv-francophon.png)
/image%2F1044945%2F20260712%2Fob_c124bc_actunautique-toute-l-actualite-l-econo.png)
/image%2F1044945%2F20260712%2Fob_b19c5c_actunautique-toutes-les-nouveautes-ba.png)
/image%2F1044945%2F20260712%2Fob_5b4f86_actunautique-base-de-documentation-pou.png)
/image%2F1044945%2F20260712%2Fob_48581d_actunautique-base-de-documentation-tec.png)
/image%2F1044945%2F20260712%2Fob_bccf09_actunautique-base-de-documentation-sur.png)
/image%2F1044945%2F20260712%2Fob_691756_actunautique-le-magazine-de-la-peche-e.png)
/image%2F1044945%2F20260712%2Fob_23e211_actunautique-l-index-des-marques-et-co.png)
/image%2F1044945%2F20260624%2Fob_786e6d_chatgpt-image-24-juin-2026-10-55-58.png)
/image%2F1044945%2F20260626%2Fob_fa89af_trouse-de-secours-bateau.jpg)