2 Juin 2026
La ministre de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a quitté la présidence du Yacht Club de France, fonction qu'elle occupait depuis son élection en mai 2025. L'information, révélée par La Lettre, a été confirmée le 1er juin par le ministère de la Mer, sans qu'aucune explication officielle ne soit apportée.
Navigatrice de renom, ancienne députée européenne et aujourd'hui membre du gouvernement, Catherine Chabaud était devenue la première femme à accéder à la présidence du Yacht Club de France depuis la création de l'institution en 1867.
Le Yacht Club de France rassemble des plaisanciers, propriétaires de bateaux, armateurs et acteurs du nautisme autour de la promotion de la plaisance et des activités maritimes en France.
À la suite de cette démission, l'intérim est assuré par Patrick Simon-Letertre, délégué général de l'association. De nouvelles élections devront être organisées avant la fin de l'année afin de désigner une nouvelle gouvernance.
La question du cumul entre les fonctions ministérielles de Catherine Chabaud et la présidence du Yacht Club de France avait suscité des débats dès sa nomination au gouvernement à l'automne 2025.
Selon les informations publiées par La Lettre, la ministre avait alors indiqué au conseil d'administration du Yacht Club se trouver en situation d'« empêchement », un statut lui permettant de se mettre en retrait tout en conservant la possibilité de reprendre ses fonctions si elle quittait rapidement le gouvernement.
Cette situation était observée avec attention par certains membres de l'association, dans un contexte où le ministère de la Mer est directement concerné par plusieurs dossiers stratégiques pour la plaisance française.
Cette démission intervient alors que le monde du nautisme est engagé dans un bras de fer avec les pouvoirs publics autour de la réforme de la taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel (TAEMUP).
Prévue pour entrer en vigueur le 1er janvier 2027, cette réforme vise notamment à encourager la transition énergétique du secteur nautique et le recours à des motorisations moins émettrices de carbone.
Plusieurs organisations professionnelles contestent toutefois ses modalités d'application.
La Confédération du nautisme et de la plaisance (CNP) a récemment demandé une réécriture du dispositif, estimant que la réforme risque de pénaliser de nombreux plaisanciers et de fragiliser davantage une filière déjà confrontée à un ralentissement de son activité.
Selon l'organisation, plusieurs dizaines de milliers de propriétaires de bateaux actuellement exonérés pourraient devenir redevables d'une taxe supplémentaire pouvant dépasser 500 euros par an.
Le départ de Catherine Chabaud de la présidence du Yacht Club de France intervient à un moment clé pour le secteur nautique.
Fiscalité des bateaux de plaisance, transition énergétique, décarbonation des motorisations, attractivité des ports de plaisance et évolution des pratiques nautiques figurent aujourd'hui parmi les principaux enjeux de la filière.
Dans ce contexte, l'élection prochaine d'un nouveau président à la tête du Yacht Club de France sera observée avec attention par l'ensemble des acteurs du nautisme et de la plaisance.
Le Yacht Club de France est basé à Paris, sur l'Avenue Foch