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Seajet Seosil. Seajet Seosil : le silicone peut-il devenir une alternative aux antifoulings traditionnels ?

Publié le 21 septembre 2026 , mis à jour le 21 septembre 2026 Par ActuNautique Magazine

Zone Technique - La protection des oeuvres vives évolue, portée notamment par la recherche de solutions d'antifouling sans biocide. Avec Seajet Seosil, le fabricant japonais propose un système à base de silicone destiné aux voiliers comme aux bateaux à moteur. ActuNautique s'est rendu à l'AGL Académie, à Cannes, pour détailler cette technologie avec Richard Gibeaud, directeur d'AGL Marine : principe de fonctionnement, application, entretien, hivernage, et différences entre Seosil Clear Coat et Seosil RX Pro.

Pendant des décennies, protéger une coque contre les salissures marines a principalement consisté à appliquer un antifouling contenant des substances actives destinées à empêcher ou limiter la fixation des organismes. L'évolution de la réglementation et les préoccupations environnementales conduisent désormais les fabricants de peintures marines à explorer d'autres voies.

C'est dans ce contexte que s'inscrit Seajet Seosil, une solution sans biocide reposant sur les propriétés du silicone. Elle vient compléter une gamme Seajet qui comprend toujours des antifoulings conventionnels, avec ou sans oxyde de cuivre, mais aussi différentes solutions antisalissures dépourvues de biocides.

Il ne s'agit donc pas nécessairement de considérer le silicone comme le remplaçant universel de l'antifouling. Comme l'explique Richard Gibeaud, la pertinence d'une protection dépend largement de l'usage du bateau : unité restant en permanence à flot, bateau sur corps-mort, stockage à sec, navigation saisonnière ou utilisation intensive.

Seajet Seosil : un système en plusieurs couches

Dans sa version destinée à la plaisance traditionnelle, le système associe deux produits : Seosil Tie Coat et Seosil Clear Coat.

Le premier constitue la couche de liaison. Il peut être blanc, noir ou bleu et détermine donc la couleur visible des œuvres vives. Le second est le revêtement silicone proprement dit. Transparent, le Seosil Clear Coat est appliqué en deux couches au-dessus du Tie Coat.

L'un des intérêts pratiques du système tient à la possibilité de l'appliquer sur un antifouling existant. La matrice présente sur la coque doit préalablement être préparée et poncée avant l'application du Tie Coat, puis des deux couches de silicone.

Sur un bateau neuf, le processus est différent. Seajet préconise de partir de son primaire époxy 117, puis d'appliquer le Seosil Tie Coat et enfin le Seosil Clear Coat. Selon AGL Marine, cette configuration peut être utilisée sur différents supports, notamment le gelcoat, l'aluminium ou l'acier.

Une application possible au rouleau

Contrairement à ce que pourrait laisser penser la nature du matériau, l'application ne nécessite pas obligatoirement un équipement industriel complexe.

Le Seosil Clear Coat s'applique au rouleau, avec un rouleau mohair permettant, selon Richard Gibeaud, de transférer la quantité nécessaire de silicone vers la surface. Deux couches sont appliquées lors de la mise en œuvre initiale. Les temps de recouvrement relativement courts permettent, dans les conditions décrites lors de la démonstration à l'AGL Académie, de réaliser le traitement au cours d'une même journée.

Le système n'est par ailleurs pas réservé aux professionnels. AGL Marine indique que son absence de biocide permet également son application par les plaisanciers, sous réserve naturellement de respecter les procédures de préparation et de mise en œuvre du fabricant.

Comment le silicone empêche-t-il les salissures de s'accrocher ?

La logique diffère de celle d'un antifouling biocide.

Le silicone crée une surface hydrophobe et très glissante. L'objectif n'est donc pas de détruire les organismes marins mais de rendre leur adhérence à la coque plus difficile. Lors de la navigation, les organismes ayant pu se déposer en surface doivent pouvoir se détacher plus facilement.

Cette faible adhérence explique aussi la nécessité de prendre certaines précautions lors des manutentions. Au moment de sortir le bateau de l'eau, par exemple, AGL Marine recommande de protéger les zones en contact avec les sangles afin d'éviter d'abraser le revêtement silicone. Une protection plastique ou une moquette peut être intercalée entre les sangles et la coque.

Lors de la remise à l'eau après hivernage, le principe d'entretien est relativement simple : après nettoyage et séchage de la surface, une nouvelle couche de silicone peut être appliquée. Il n'est alors pas nécessaire de refaire les deux couches initiales, le revêtement précédent conservant son épaisseur.

Seosil RX Pro pour les utilisations plus intensives

Seajet distingue cette solution du Seosil RX Pro, développé pour les bateaux plus rapides ou davantage sollicités, jusqu'aux applications professionnelles comme le transport de passagers.

La différence ne concerne pas seulement la mise en œuvre. Le Seosil Tie Coat/Seosil Clear Coat repose sur une base d'huile de silicone, tandis que le RX Pro utilise un caoutchouc silicone, choisi pour offrir davantage de résistance à la vitesse et aux usages intensifs.

Le protocole est également différent : pour le RX Pro, le système précédent doit être retiré. La coque reçoit le primaire époxy Seajet 117, une couche intermédiaire Seosil RX puis deux couches de finition Seosil RX Pro.

Une alternative, plutôt qu'une solution universelle

L'autre argument de ces revêtements concerne l'absence de biocide. Richard Gibeaud souligne également que le caractère hydrophobe du silicone réduit la traînée de la coque, ce qui peut agir sur la consommation de carburant. L'entretien, les conditions d'utilisation et le profil de navigation restent cependant déterminants pour juger de la pertinence du système.

C'est probablement là que se situe le principal enseignement de cette présentation réalisée à l'AGL Académie. Il n'existe pas nécessairement une protection des œuvres vives adaptée à tous les bateaux et à tous les programmes. Seajet Seosil élargit plutôt le choix disponible, avec une technologie différente de celle des antifoulings traditionnels.

Pour le plaisancier, la question devient donc moins « quel est le meilleur antifouling ? » que « quelle protection correspond réellement à l'usage de mon bateau ? ». Une évolution qui pourrait prendre de l'importance à mesure que les solutions sans biocide se développent sur le marché de la plaisance.

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