5 Août 2025
La construction du phare actuel débute en 1849 selon les plans de l’architecte Léonce Reynaud. Mis en service en 1854, il s’élève à 57 mètres et devient l’un des plus puissants phares français avec une portée de 27 milles marins (environ 50 km). Alimenté initialement au pétrole, il est électrifié en 1904, modernisé après la Seconde Guerre mondiale, puis automatisé au début des années 2000.
Le phare des Baleines est un feu tournant à quatre éclats par période de 15 secondes, permettant une visibilité à 360 degrés sur les eaux environnantes. L’édifice, d’un diamètre d’environ 18 mètres, est accessible via un escalier en colimaçon de 257 marches (216 en granit bleu, 41 en métal) jusqu’à la terrasse sommitale.
Construit en maçonnerie robuste, le phare s’inscrit dans le programme de signalisation maritime du XIXe siècle. Les matériaux et techniques employés traduisent une architecture spécifiquement pensée pour résister aux assauts océaniques, dans une région où les tempêtes sont fréquentes.
Avec une portée de près de 50 kilomètres, le phare signale l’entrée des pertuis charentais et protège les navires des bancs rocheux et hauts-fonds qui jalonnent la côte ouest de l’île. Placé en position stratégique face à l’océan, il complète la présence du phare des Baleineaux, construit sur un haut-fond voisin, et qui balise un couloir de navigation particulièrement sensible.
La circulation maritime y est dense : pêcheurs, unités de plaisance, cargos en transit vers La Rochelle ou Rochefort doivent tous composer avec une côte basse, peu découpée, où l’orientation sans repère visuel serait périlleuse sans signal lumineux fiable.
Malgré la présence de signaux, les eaux entourant le phare ont longtemps été le théâtre de nombreux naufrages. Entre 1793 et 1838, on recense plus d’une centaine d’échouements et près de 500 pertes humaines dans les passes voisines, avant même l’érection du grand phare.
Le toponyme même du site, « Baleines », évoque l’échouage régulier de cétacés sur les côtes. Ces échouages, fréquents jusqu’au début du XXe siècle, ont marqué durablement l’imaginaire local. Le dernier échouage massif recensé date de 1922. Aujourd’hui encore, le secteur reste exposé aux vents violents d’ouest et aux courants puissants, rendant la vigilance indispensable à tout navigateur.
Le phare des Baleines attire chaque année plus d’un million de visiteurs. Parmi eux, près de 180 000 choisissent de gravir ses 257 marches pour découvrir l’un des plus vastes panoramas maritimes de la façade atlantique. Classé Monument Historique, le site comprend aussi la vieille tour de 1682 et le musée installé dans l’ancienne école des gardiens.
Ce musée, moderne et interactif, retrace l’histoire de la signalisation maritime, la vie des gardiens de phare et l’évolution des techniques d’éclairage, du charbon aux optiques tournantes. L’ensemble est complété par un jardin à l’anglaise et un sentier de promenade menant à la côte.
Automatisé depuis le début du XXIe siècle, le phare reste un signal actif, télécontrôlé à distance depuis La Rochelle. Il conserve ainsi sa fonction principale de balisage, tout en devenant un lieu de mémoire et de médiation maritime.
Sa préservation est l’objet de multiples efforts. La lanterne a fait l’objet d’une restauration récente, le domaine alentour est entretenu avec soin, et des études sont en cours pour faire face à l’érosion côtière, qui menace à terme la stabilité de la falaise sur laquelle repose le phare.