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Innovation & Technologie - CompoTech se concentre sur les mâts télescopiques carbone après trois décennies de recherche composite

Après plusieurs années d’absence sur la scène internationale, CompoTech annonce son retour au Metstrade 2025, où l’entreprise célébrera également ses trente années d’activité dans le domaine des composites carbone. Le constructeur présentera sur le stand 07.502 une sélection de solutions marines issues de son expertise en enroulement filamentaire automatisé, technologie qui constitue depuis l’origine la base de ses développements.

Innovation & Technologie - CompoTech se concentre sur les mâts télescopiques carbone après trois décennies de recherche composite

Créée en 1995 à Sušice, en République tchèque, et désormais implantée également à Cowes (île de Wight), CompoTech a progressivement construit sa réputation autour d’une maîtrise particulière du placement de fibres à orientation exacte. Les premiers produits (manches de pagaie et structures de mât réalisées sur mesure) ont rapidement laissé place à des applications plus complexes : éléments de têtière pour les campagnes America’s Cup de Prada Challenge ou Alinghi, composants destinés aux classes IMOCA, aux Mini Transats ou encore à des gammes de série comme l’édition Seascape des Beneteau First. Plus récemment, la société a collaboré avec Rondal et Sunreef pour des éléments d’accastillage de superyachts, et développé des structures télescopiques pour les démonstrateurs de propulsion vélique de Wisamo, en parallèle de programmes dans le levage léger ou la surveillance.

Pour son retour à Amsterdam, CompoTech mettra l’accent sur un ensemble d’applications marines centrées sur les structures télescopiques carbone, un domaine où le gain de masse et l’absence de corrosion constituent deux enjeux majeurs. Ces assemblages, utilisés notamment pour supporter radars, antennes, dispositifs de levage ou perches d’observation, sont désormais proposés sous forme de solutions modulaires destinées aux unités de plaisance comme aux navires travaillant dans des environnements sévères. L’entreprise exposera également divers profils tubulaires enroulés — sections de mât, tubes circulaires ou ovoïdes — destinés aux gréements, aux poutres structurelles ou aux applications liées au foiling. Les stocks de safran et arbres de transmission, produits qui ont déjà été éprouvés sur des voiliers de croisière rapide et sur des plateformes de course au large, compléteront la présentation.

L’élément central de ces développements est la technique propriétaire dite de « true zero-axial fibre placement ». Il s’agit d’un procédé d’enroulement dans lequel les fibres sont déposées automatiquement selon un angle axial exact de 0°, là où les méthodes classiques restent soumises à des limites géométriques d’orientation. En alignant les fibres sur l’axe longitudinal avec précision, CompoTech obtient une utilisation plus efficace de la matière, une rigidité accrue pour une masse réduite, une meilleure tenue en fatigue et une fiabilité structurelle adaptée aux charges dynamiques propres aux architectures marines. Cette caractéristique offre aux architectes et ingénieurs de nouvelles marges de conception, notamment pour les mâts élancés, les bras porteurs ou les assemblages soumis à de fortes alternances de charge.

La présence de CompoTech au Metstrade intervient dans un contexte où la filière cherche à concilier performance, durabilité et réduction de masse. Les matériaux composites à fibres orientées conservent un rôle clé dans la transition vers des structures plus efficaces, tant en course au large qu’en construction semi-industrielle. Le salon d’Amsterdam, qui réunira plus de 1 600 exposants dans les treize halls du RAI, permettra à l’entreprise de présenter ses avancées auprès d’un public international de chantiers, bureaux d’études et fournisseurs d’accastillage.

À l’occasion de ce trentième anniversaire, l’entreprise entend également rappeler son ancrage dans le secteur maritime, malgré plusieurs années d’absence sur ce rendez-vous. Les responsables soulignent que les développements récents (en particulier les systèmes télescopiques carbone) témoignent de la continuité entre les projets emblématiques du passé et les applications actuelles orientées vers la réduction de masse et la fiabilité mécanique sur des cycles longs.

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