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Mobilité maritime : la fin annoncée pour les navettes volantes de SeaBubbles

L’aventure SeaBubbles s’arrête avant d’avoir véritablement pris son envol, tandis que le suédois Candela s'impose sur le marché du transport électrique volant.

Mobilité maritime : la fin annoncée pour les navettes volantes de SeaBubbles

Dix ans après sa création, la jeune entreprise qui ambitionnait de transformer les déplacements nautiques grâce à des bateaux volants sur foils met un terme à son parcours, faute d’avoir trouvé la voie de l’industrialisation. Le message publié par l’équipe fin novembre a confirmé ce que beaucoup pressentaient : malgré des démonstrations concluantes et un soutien financier lyonnais, le projet ne poursuivra pas sa route.

SeaBubbles avait pourtant suscité un réel engouement dès ses débuts. Imaginée en 2015 par l’ex-skippeur Alain Thébault, la société se présentait comme une pionnière de la mobilité maritime décarbonée. Son concept : de petites navettes électriques capables de s’élever au-dessus de l’eau grâce à des foils, permettant d’atteindre environ 50 km/h tout en réduisant les frottements et les nuisances. Cette promesse d’un transport fluide, silencieux et non polluant avait attiré l’attention des collectivités, notamment au moment des premiers tests.

L’été 2023 marque un tournant : sur le lac d’Annecy, l’entreprise parvient à transporter près de 2 000 passagers, démontrant la faisabilité du modèle et confirmant l’intérêt du public. Mais cette réussite opérationnelle reste insuffisante pour franchir l’étape suivante, celle de la production en série et du déploiement commercial. À l’été 2025, alors que le tribunal de commerce de Lyon examine les possibilités de reprise, les dirigeants du fonds Mediapps Innovation — propriétaire de SeaBubbles depuis fin 2020 — affichent encore un certain optimisme.

Cet espoir sera de courte durée. Dans les coulisses, les relations entre le fondateur historique et les repreneurs se sont fortement dégradées, au point de provoquer une série de tensions juridiques. Le désaccord, déjà ancien, s’est traduit par des échanges particulièrement vifs et par le dépôt d’une plainte pour diffamation de la part des nouveaux propriétaires. Ce climat de conflit interne a contribué à fragiliser un projet déjà confronté à des coûts élevés et à des besoins d’investissement importants pour passer à l’échelle.

Avec l’absence d’offres de reprise suffisamment solides, l’aventure prend fin. Le modèle des navettes volantes, qui incarnait une vision futuriste de la mobilité nautique, n’aura pas trouvé son équilibre économique à temps. L’épisode SeaBubbles laisse ainsi l’image d’une innovation techniquement prometteuse, mais prise dans un entrelacs de difficultés financières, industrielles et relationnelles, qui auront finalement eu raison de son ambition.

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