5 Novembre 2025
Après plusieurs jours de calme plat, l’Atlantique se réveille enfin. Le vent de nord-est, attendu avec impatience, souffle de nouveau sur la flotte du Rallye des Îles du Soleil 2025, offrant à chacun la joie simple de couper les moteurs et de sentir le bateau glisser à la voile. En ce mercredi 5 novembre, les alizés sont de retour, oscillant entre 10 et 13 nœuds, parfois instables, mais suffisants pour redonner du rythme aux équipages en route vers Mindelo, première escale du rallye.
Les sourires reviennent à bord : le clapot se forme, les voiles se tendent, et le ronronnement des moteurs laisse place au murmure du vent.
Créé par Grand Pavois Organisation en 2017, le Rallye des Îles du Soleil est une transatlantique pas tout à fait comme les autres. Plus qu’une régate, c’est une aventure collective reliant les Canaries à la Guadeloupe via Mindelo, au Cap-Vert, sur près de 3 000 milles nautiques.
Son objectif : permettre à des plaisanciers expérimentés ou néophytes de traverser l’Atlantique dans un cadre sécurisé, encadré et convivial. Chaque édition rassemble ainsi une quarantaine de voiliers, familles, couples et équipages d’amis, unis par la même envie : vivre le grand large, ensemble.
Autour de l’organisation, un solide réseau de partenaires -Région Guadeloupe, Marie-Galante, Marinas Calero, Département de la Charente-Maritime, Fountaine Pajot, Amel, Dufour, Bali Catamarans, Pochon SA, Garmin, BRM Chronographes- soutient l’événement, symbole d’un tourisme nautique durable et partagé.
Ce mercredi, les bulletins météo confirment la tendance : les alizés reprennent de la vigueur. Après deux jours de moteur et d’improvisations, le vent se stabilise au nord-est, avec un renforcement prévu dès jeudi entre 14 et 20 nœuds.
Sur Littorina, la satisfaction est palpable : “Le vent est de retour ! Nous avons coupé le moteur cette nuit, enfin sous voiles... que du bonheur !” note l’équipage, désormais en route directe vers Mindelo, qu’il prévoit d’atteindre dans la nuit du 6 au 7 novembre. Même joie à bord de L’Eden, où les moteurs se sont tus à l’aube : “Quel bonheur de couper enfin le moteur ! Voiles sorties à 5h, petit passage de dauphins à 3h du matin, et ciel clair au lever du jour.”
Plus au nord, Jamcat file à bonne allure, enfin dans ses allures favorites : “Vent de 15 à 16 nœuds, gennaker établi, moyenne de 8 nœuds. Ça y est, on avance !” Même constat sur N’Team, où les voiles ont repris leur place : “Nous avançons à 5,9 nœuds de moyenne, vent de Nord, Nord-Est entre 12 et 14. L’arrivée à Mindelo est prévue vendredi matin ; on réduira pour arriver de jour !”
Le calme des jours précédents a laissé derrière lui une série d’anecdotes et de petits bricolages. Sur Diaoul, Vincent a carrément transformé le dessalinisateur en “version salle de sport” : système de poulies, levier manuel et premiers litres d’eau douce pompés “à la force des bras”.
À bord de Piment Rouge, la navigation est redevenue sportive : “Vent Nord, Nord-Est entre 15 et 20 nœuds, mais houle plus forte qui rend le spi instable. À 3h du matin, le point d’écoute de la GV s’est cassé : un ris jusqu’à Mindelo, en espérant pouvoir réparer.” Malgré les imprévus, l’équipage garde l’humour : “On pense arriver demain matin, si on casse rien !”
Plus loin, Samaria raconte une rencontre impressionnante : “Hier matin, croisé Paprec Arkéa 24 de la course Café de l’Or : il filait à 10,8 nœuds ! L’AIS annonçait un risque de collision, mais on a vite manœuvré pour ne pas le gêner. Il filait vers le sud-ouest…” Un instant suspendu qui illustre bien la diversité du trafic en Atlantique : du voilier de course au catamaran familial, chacun trace sa route vers ses horizons.
Sur Liberty B&B, le retour du vent s’accompagne d’un retour de sourire : “Hier, baignades dans 4000 mètres de profondeur, sushis maison à la bonite, et ce matin, le parasailor est hissé. Quel bonheur de retrouver le silence du vent !” Même ambiance sur Sea Garden, qui a profité du calme pour pêcher “deux belles daurades à la moutarde” et jouer au tarot avant le retour des alizés dans la nuit.
Partout, la vie en mer reprend son rythme : celui des quarts, du vent et des petits miracles du large. Sur Maeliz, la journée a été rythmée par la pêche, les empannages et les rencontres : “Une tortue, deux groupes de globicéphales, et cette nuit un poisson volant dans le carré !”
Sur Jackno, Catherine a osé “une petite trempette” malgré la houle, et raconte la visite d’une baleine, “apparue puis disparue avant qu’on puisse la photographier.” Sur Rebelote, l’ambiance reste détendue : “Une coryphène s’est invitée à bord ; aussitôt dans l’assiette ! Et un passereau a fait halte pour une sieste dans la cabine du capitaine avant de repartir sans dire au revoir.”
Chaque bateau vit sa traversée à son rythme : certains bricolent encore (Ozami), d’autres savourent les couchers de soleil (Moira), ou profitent du calme retrouvé pour échanger entre amis par VHF et groupes de discussion (M Liberta). Le large, aujourd’hui, s’écrit en mille petits instants partagés.
La flotte du Rallye des Îles du Soleil 2025 glisse à présent sur un Atlantique redevenu vivant. Le vent reste capricieux, mais la promesse d’un flux plus soutenu dans les heures à venir laisse espérer des arrivées groupées à Mindelo entre le 6 et le 7 novembre.
Pour tous, cette reprise du vent marque la fin d’une parenthèse de lenteur et le retour au plaisir de naviguer. Les moteurs se taisent, les voiles claquent, et les visages s’illuminent : le large a retrouvé sa voix.