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Rallye des Îles du Soleil 2025 : Terre en vue ! Piment Rouge ouvre la voie à Mindelo

Les voiles se gonflent, la houle se creuse, et déjà les premières odeurs du Cap-Vert flottent dans l’air. Après plusieurs jours d’une navigation alternant molles et accélérations, la tête de flotte du Rallye des Îles du Soleil 2025 touche au but. Le catamaran Piment Rouge, un Catana 50 OC, a été le premier à s’amarrer ce jeudi dans la baie de Mindelo, bouclant la traversée entre Fuerteventura et São Vicente en 5 jours, 23 heures et 30 minutes. Une superbe performance, surtout dans un alizé aussi instable ces derniers jours.

Derrière lui, les positions se resserrent : Jackno n’est plus qu’à une quarantaine de milles de l’arrivée, suivi de Maeliz, M Liberta, N’Team et Liberty B&B, tous regroupés dans un rayon d’une vingtaine de milles. Les prochaines heures s’annoncent animées sur les pontons de Mindelo, où les premiers équipages sont attendus dans la soirée.

Rallye des Îles du Soleil 2025 : Terre en vue ! Piment Rouge ouvre la voie à Mindelo

Créé en 2017 par Grand Pavois Organisation, le Rallye des Îles du Soleil relie les Canaries à la Guadeloupe en deux étapes : Fuerteventura-Mindelo, puis Mindelo-Marie-Galante.
L’événement s’est imposé comme une référence de la navigation hauturière encadrée, combinant esprit d’aventure, sécurité et convivialité. Loin de l’idée de compétition pure, il met en avant l’entraide entre navigateurs et la découverte des cultures atlantiques.
Chaque année, une quarantaine de voiliers s’élancent, soutenus par un collectif de partenaires fidèles ; Région Guadeloupe, Communauté de communes de Marie-Galante, Marinas Calero, Département de la Charente-Maritime, ainsi que plusieurs chantiers et équipementiers français tels qu’Amel, Bali Catamarans, Fountaine Pajot, Pochon SA, Adrena Software, Garmin, BRM Chronographes et le Rhum Bielle. Ensemble, ils contribuent à promouvoir un tourisme nautique raisonné et une aventure humaine avant tout.

Après les jours de pétole du début de semaine, les prévisions se confirment : les alizés se sont enfin réinstallés, soutenus par un vent de nord-est oscillant entre 15 et 20 nœuds, avec une houle formée d’un bon mètre et demi.
Sur Littorina, l’équipage jubile : “Le vent est bien établi depuis ce matin, nous avançons à 8 nœuds, arrivée prévue à Mindelo dans la nuit du 6 au 7 novembre.” Même ambiance sur Jamcat, heureux de retrouver des vitesses dignes de ce nom : “Le vent a forci en soirée, jusqu’à 20 nœuds. La houle est 3/4 arrière, on reste confortables à 7 nœuds de moyenne.

À bord de N’Team, la navigation est désormais maîtrisée : “Nous avons réduit les voiles pour ramener notre vitesse autour de 5,5 nœuds et arriver demain matin vers 8h.” L’équipage, déjà récompensé par plusieurs belles prises -deux dorades et un thon- savoure la perspective de l’escale : “Marinade de thon hier soir, darnes de dorade ce midi, le frigo est plein et le moral aussi.

Les récits de bord traduisent tous la même joie d’avoir retrouvé du vent, même s’il faut désormais composer avec une houle parfois désagréable. Sur Samaria, Michel note avec humour : “Beaucoup de houle cette nuit, elle avait été annoncée ! J’ai encore nettoyé le pont d’un poisson volant échoué. Dommage que ce ne soit pas un thon…
Sur L’Eden, la mer est plus animée mais le rythme reste détendu : “Le vent a forci, on explore enfin les vitesses au-delà des 5 nœuds ! Hier, nous avons testé une recette canarienne d’aubergines au miel, un vrai délice. Réveil un peu amer ce matin : l’OM a perdu à la 90e… On compte sur Mindelo pour nous remonter le moral !

D’autres équipages profitent de ces dernières heures de mer pour bricoler ou savourer le spectacle. Sur Ozami, Jean-Michel raconte une réparation express : “L’impeller du générateur a cassé mardi. Remplacé hier, ce qui nous a permis de relancer le dessalinisateur et recharger les batteries.” De quoi repartir sereinement vers le Cap-Vert, même si “un poisson volant a terminé sa course dans le cockpit.
Diaoul, fidèle à son style inventif, confirme que “la protection en tête de mât fonctionne : la drisse de spi est intacte !” L’équipage avance désormais sous trinquette et grand-voile à un ris : “18 nœuds établis, rafales à 22. On n’est pas pressés, l’arrivée à Mindelo est prévue pour samedi matin.

À bord de Liberty B&B, l’équipe a déjà le regard tourné vers l’arrivée : “Notre parasailor est hissé, on avance vite. On ralentira pour arriver demain matin. Hâte de découvrir Mindelo, que personne ne connaît encore à bord !
Même impatience sur Oïkia, où la vie de famille en mer suit son cours : “Le vent est toujours là à 20 nœuds. Hier, douches à l’eau de mer, crapette, échanges à la VHF avec Diva, discussions sur les lettres au Père Noël… Les filles ont hâte de poser pied à terre et de poser leurs questions à d’autres que leurs parents !

Sur Sea Garden, les poissons continuent d’animer la traversée : “Les touches sont nombreuses mais les prises rares, sans doute une conspiration de la mer ! Zouzou, notre chat, boude un peu…” Pendant ce temps, sur Rebelote, un petit passereau a laissé place à un puffin boréal, fidèle compagnon depuis hier : “Pas la queue d’un dauphin, mais un oiseau pour veiller sur nous.

Dans la baie de Mindelo, les marins de Piment Rouge savourent déjà leur arrivée après près de six jours de mer. À leur suite, la flotte se resserre, portée par un vent franc et une houle puissante.
Les amarres vont bientôt se tendre sur les pontons de la Marina Mindelo, lieu de retrouvailles, de réparations et de partages avant le grand saut vers les Antilles.
Demain, la baie s’animera de nouveaux arrivants : les voiliers se présenteront les uns après les autres à l’entrée de São Vicente, dans la lumière dorée de l’alizé retrouvé.
Le Cap-Vert, première étape de cette transat humaine et solidaire, tient toutes ses promesses : après la patience, le souffle.

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