24 Avril 2026
Quelques jours après le départ de La Trinité-sur-Mer, les concurrents de la Cap-Martinique 2026 commencent à sortir de la phase la plus brutale du golfe de Gascogne. Après un début de course rythmé par le vent fort, les orages et une mer parfois difficile, les marins découvrent désormais une navigation plus tactique, alternant longues glissades sous spi et zones sans vent au large des côtes espagnoles.
Pour Jérôme et Loïc Apolda (Infinite), ce changement de rythme marque aussi un retour progressif à un certain confort à bord. Après plusieurs jours passés sous les cirés dans des conditions soutenues, le duo raconte avoir enfin pu « enlever les bottes » et profiter d’une première vraie parenthèse depuis le départ. La nuit précédente leur avait pourtant offert de belles sensations sous spi, dans 20 à 25 nœuds établis, avant une brutale transition météo près de La Corogne. « La journée à chercher le moindre petit souffle pour continuer d’avancer » résument-ils, illustrant parfaitement cette nouvelle phase de course plus stratégique.
Cette alternance entre vitesse et pétole complique la gestion de la flotte. Les trajectoires commencent à diverger, chacun tentant de conserver un minimum de pression pour progresser vers le cap Finisterre puis Madère. Maxime Breuvard (SOS Prema) évoquait déjà cette bascule entre « belles glissades sous spi » et longues heures à observer les concurrents voisins en quête du moindre souffle d’air.
Mais si les conditions se sont assagies, la course reste particulièrement exigeante pour les bateaux et les équipages. Les avaries continuent de rythmer le quotidien des concurrents. À bord de Green Sanctuaries, Pierre Grippon et Guillaume Pinta ont ainsi dû effectuer une escale technique à La Corogne après une panne majeure de pilote automatique. Après plusieurs heures de diagnostic en mer, le verdict tombe : moteur hors service. Le duo commande immédiatement une pièce neuve depuis Lorient et rejoint l’Espagne pour effectuer la réparation. Moins de 24 heures plus tard, le bateau repart déjà en course. « Maintenant, il faut mettre les gaz pour rattraper les copains ! » expliquent-ils après cette opération express.
Depuis le départ, les incidents techniques se multiplient sans pour autant désorganiser la flotte. Philippe Benaben (Platypus Dessine Moi la High-Tech) a notamment dû gérer une importante panne de pilote automatique au large du cap Finisterre, tandis que Pascal Coret (CDC Développement Solidaire) avait lui aussi effectué un arrêt à Bilbao pour réparer son anémomètre avant de reprendre sa route.
Malgré ces difficultés, l’organisation se montre satisfaite de la solidité générale de la flotte. Le report du départ de 24 heures semble avoir permis d’éviter des conditions trop extrêmes dans la zone du cap Finisterre. Comme le souligne le directeur de course François Séruzier, l’objectif était de permettre aux concurrents de franchir ce passage clé « dans de bonnes conditions ».
La flotte poursuit désormais sa descente vers Madère dans un flux annoncé entre 15 et 20 nœuds. Les premiers écarts commencent à apparaître, mais la mise en place future des alizés pourrait encore redistribuer les cartes dans cette traversée déjà très animée.