23 Avril 2026
Après des débuts particulièrement engagés dans le golfe de Gascogne, les concurrents de la Cap-Martinique 2026 commencent à trouver leur rythme. Entre vents soutenus, mer croisée, nuits orageuses et longues heures à la barre, ces premiers jours de course ont déjà offert leur lot d’émotions, de fatigue et d’imprévus. À bord, chaque skipper compose avec les éléments, les réparations et la gestion du bateau, tout en gardant le cap vers la Martinique.
Pour Grégoire Despretz (20 ans 1 projet), cette traversée rappelle à quel point les conditions peuvent évoluer brutalement. « Tu penses te poser un peu… et c’est reparti de plus belle ! » raconte-t-il après une journée passée au près dans une mer chaotique. Entre passages sans vent et accélérations soudaines à plus de 20 nœuds, le jeune skipper enchaîne les changements de voile et les longues heures de barre, parfois avec un simple repas improvisé à portée de main.
Même intensité pour Jérôme et Loïc Apolda (Fastlane), qui ont dû affaler leur spi lorsque le vent a rapidement dépassé les 30 nœuds. Dans une mer devenue abrupte et croisée, le duo a choisi de préserver le bateau plutôt que de chercher à tout prix la performance. « L’objectif reste clair : arriver en Martinique », rappellent-ils, après une nuit marquée par les orages et des rafales à 35 nœuds.
À l’avant de la flotte, Maxime Breuvard (SOS Prema) évoque lui aussi des conditions très changeantes. Après de belles glissades sous spi au clair de lune, le vent est brutalement tombé au large des côtes espagnoles. « On surveille constamment celui qui aurait trouvé un peu d’air », explique-t-il, alors que les écarts restent encore serrés entre concurrents directs.
La course est également devenue un véritable défi technique pour plusieurs skippers. Philippe Benaben (Platypus Dessine Moi la High-Tech) a notamment dû gérer une panne de pilote automatique au large du cap Finisterre. Après avoir affalé son spi dans des conditions compliquées, il découvre un support de vérin décollé à l’intérieur du bateau. Deux heures de réparation seront nécessaires pour repartir, avec un pilote de secours moins performant.
À bord de Green Sanctuaries, Pierre Grippon et Guillaume Pinta ont eux aussi connu un début de course engagé. Entre spi dans 30 nœuds, balcon arraché lors d’une manœuvre, latte cassée et main blessée après un empannage brutal, le duo reste néanmoins positif : « Heureusement, nous avons tout ce qu’il faut pour réparer à bord. »
Du côté des Elles du Large, Véronique Ansel et Morgane Robin racontent une traversée déjà riche en contrastes. Après une première nuit « de sanglier » sous 37 nœuds de vent et des orages impressionnants au large de l’Espagne, les deux navigatrices ont aussi vécu des instants plus paisibles, entourées de dauphins et d’oiseaux venus se poser à bord. Malgré un spi déchiré et plusieurs incidents, elles poursuivent leur route avec prudence et détermination.
À l’approche du cap Finisterre, la flotte entre désormais dans une nouvelle phase de course, plus stratégique, où les choix météo et la gestion de la fatigue pourraient rapidement faire la différence.