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Hunyvers - le nautisme à la rescousse, dans un univers incertain à mi exercice 2025-2026

Dans un contexte économique instable et peu prévisible, le groupe Hunyvers (campings cars et bateaux de plaisance) affiche un recul d'activité limité, porté par le nautisme, les véhicules de loisir restant sous pression, ce qui laisse planer des incertitudes sur la trajectoire de redressement annoncée.

Hunivers : chiffre d'affaires à mi-exercice 2025-2026

Hunivers : chiffre d'affaires à mi-exercice 2025-2026

Hunyvers - le nautisme à la rescousse, dans un univers incertain à mi exercice 2025-2026

première vue, la publication semestrielle d’Hunyvers pourrait rassurer. Avec un chiffre d’affaires de 47,6 millions d’euros à fin février 2026, en recul limité de 2,2%, le groupe affiche une certaine résilience dans un environnement économique incertain. Mais derrière cette apparente stabilité, la lecture financière révèle une situation plus contrastée, marquée par une contraction organique et une dépendance accrue à des relais de croissance encore en phase de consolidation.

En effet, retraitée de l’effet des acquisitions, l’activité accuse un recul de 4,6% sur le semestre. Une performance qui interroge sur la dynamique intrinsèque du groupe. L’intégration des Chantiers navals du bassin d’Arcachon a contribué à hauteur de 1,2 million d’euros au chiffre d’affaires, atténuant mécaniquement la baisse globale. Ce recours à la croissance externe, s’il traduit une stratégie de diversification assumée, masque partiellement les difficultés rencontrées sur les activités historiques.

Le segment des véhicules de loisir (VDL), pilier du groupe, reste en effet orienté à la baisse. Avec 40,7 millions d’euros de chiffre d’affaires sur le semestre, il recule de 7,4%. Une contre-performance largement imputable à la chute des ventes de véhicules d’occasion (-11,2%), signe d’un marché plus attentiste. Les ventes de véhicules neufs résistent mieux, mais restent en retrait de 5,9% sur la période.

Des signaux de reprise apparaissent toutefois en fin de semestre. Le deuxième trimestre marque un retour à la croissance sur les ventes de VDL neufs (+5,7%), prolongé par une accélération observée en mars. De même, les activités de services enregistrent une progression modeste mais encourageante (+1,2% sur le semestre, +7,9% au deuxième trimestre). Ces indicateurs suggèrent une possible inflexion de tendance, sans pour autant garantir un retournement durable.

Car le segment VDL demeure fortement exposé à des facteurs exogènes. L’achat de camping-cars ou de vans aménagés reste un acte de consommation discrétionnaire, sensible aux arbitrages budgétaires des ménages. Dans un contexte de taux d’intérêt élevés et d’incertitudes économiques, les décisions d’achat peuvent être différées, pesant sur la visibilité commerciale.

À cela s’ajoutent des contraintes opérationnelles persistantes. Hunyvers souligne que les délais de livraison restent supérieurs à la normale, notamment en raison de temps de préparation allongés pour certains véhicules immobilisés. Ces tensions logistiques peuvent retarder la reconnaissance du chiffre d’affaires et peser sur la conversion du carnet de commandes.

À l’inverse, le pôle nautisme apparaît comme le principal moteur de croissance du groupe. Avec un chiffre d’affaires de 6,9 millions d’euros, il affiche une progression spectaculaire de 47,1% en données publiées et de 21,6% en organique. Une performance d’autant plus notable qu’elle intervient sur une période traditionnellement peu contributive, le premier semestre ne représentant qu’environ un quart de l’activité annuelle de ce segment.

Cette dynamique reflète à la fois l’effet des acquisitions et un bon accueil commercial des nouvelles gammes. Elle confirme la pertinence de la stratégie de diversification engagée depuis 2020. Pour autant, le nautisme reste encore marginal dans le mix d’activité, représentant environ 15% du chiffre d’affaires total. Sa capacité à compenser durablement les fluctuations du VDL dépendra de sa montée en puissance et de sa rentabilité.

Car ce segment n’est pas exempt de risques. Comme les véhicules de loisir, le nautisme est lui aussi exposé à la cyclicité économique et au caractère discrétionnaire des dépenses de loisirs. Une dégradation du contexte macroéconomique pourrait rapidement freiner la demande.

Dans ce contexte, Hunyvers se veut néanmoins confiant pour la suite de l’exercice. Le groupe met en avant un carnet de commandes bien orienté sur ses deux pôles d’activité, ainsi que des prises de commandes soutenues dans le nautisme. L’arrivée de nouvelles collections de véhicules de loisir et l’entrée en saison haute pour le nautisme devraient soutenir l’activité au second semestre.

Le groupe évoque également un environnement géopolitique incertain susceptible de favoriser le tourisme de proximité, un facteur potentiellement porteur pour ses activités. Cette tendance, déjà observée ces dernières années, pourrait soutenir la demande en véhicules de loisir.

Reste que ces perspectives reposent sur plusieurs hypothèses. La normalisation des délais de livraison apparaît comme un prérequis pour transformer le carnet de commandes en chiffre d’affaires effectif. De même, la capacité des ménages à maintenir leurs dépenses de loisirs dans un contexte économique contraint demeure incertaine.

Au-delà du court terme, la trajectoire d’Hunyvers s’inscrit dans une phase de transition stratégique. Le groupe cherche à rééquilibrer son modèle en développant le nautisme et les services, afin de réduire sa dépendance à une activité VDL historiquement cyclique. Ce repositionnement pourrait, à terme, améliorer la résilience et la rentabilité du groupe.

Mais à ce stade, les résultats semestriels traduisent encore un modèle en ajustement. La croissance organique négative, les tensions opérationnelles et la dépendance à des marchés sensibles aux cycles économiques appellent à la prudence.

Le second semestre sera donc déterminant. Il devra confirmer la reprise amorcée dans les VDL, valider la montée en puissance du nautisme et, surtout, démontrer la capacité du groupe à renouer avec une croissance durable et profitable. À défaut, la stabilisation observée aujourd’hui pourrait n’apparaître que comme un palier dans une trajectoire encore incertaine.

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