12 Mai 2026
La Cap-Martinique 2026 a trouvé son premier grand vainqueur en solitaire avec l’arrivée d’Alexandre Ozon à Fort-de-France dans la nuit du 11 au 12 mai. Après 21 jours, 13 heures, 41 minutes et 20 secondes de navigation, le skipper de Trophée Estuaire Rose a franchi la ligne d’arrivée à 00h41 heure locale, devenant le premier solitaire à rallier la Martinique en temps réel. Grâce au système de temps compensé en IRC, il est également assuré de remporter la victoire officielle dans sa catégorie.
Habitué des longues traversées et figure bien connue de la course amateur au large, Alexandre Ozon entretient un lien particulier avec la Cap-Martinique. Présent sur les trois éditions depuis la création de l’épreuve, il avait remporté la première édition en 2022 à bord d’un Sun Fast 3300, établissant au passage le record de la course. Deux ans plus tard, en 2024, il avait dû abandonner sur problème technique à bord de son Bepox 990. Cette édition 2026 marque donc un retour particulièrement réussi.
À bord d’un JPK 10.50 de dernière génération, Alexandre Ozon aura livré une traversée extrêmement régulière, restant constamment dans le groupe de tête malgré des conditions météo complexes depuis le golfe de Gascogne jusqu’aux Antilles. Comme beaucoup de concurrents cette année, il aura dû composer avec des alizés instables, des transitions météo difficiles à lire et des choix stratégiques parfois radicaux.
Le skipper résume cette édition avec humour en parlant d’un « Grand Tour de l’Atlantique », tant les trajectoires ont obligé la flotte à multiplier les détours pour aller chercher du vent. « Quand tu regardes qu’il faut encore plonger, plonger, plonger avant de remonter vers la Martinique, tu te dis qu’il y a quand même un truc », raconte-t-il à son arrivée.
Tout au long de la course, Alexandre Ozon s’est notamment retrouvé dans un duel à distance passionnant avec Jean-Pierre Kelbert sur Persaivert, autre JPK 10.50 particulièrement performant. Les deux solitaires auront animé la flotte pendant une grande partie de la traversée, poussant leurs bateaux à des vitesses impressionnantes. « Le bateau est dingue », explique Alexandre Ozon, impressionné par les capacités du JPK. « À un moment, je faisais trois fois 14 nœuds de moyenne et je me demandais encore jusqu’où on pouvait aller. »
Mais au-delà de la performance sportive pure, cette victoire illustre aussi l’implication d’Alexandre Ozon dans l’esprit collectif propre à la Cap-Martinique. Informaticien de métier, il s’est beaucoup investi dans les échanges entre concurrents via le groupe WhatsApp de la course, apportant régulièrement son aide aux autres skippers confrontés à des problèmes électroniques ou techniques.
Cette nouvelle victoire confirme ainsi le profil singulier de la Cap-Martinique : une course exigeante sportivement, mais profondément marquée par la solidarité et l’esprit amateur. Pendant que les arrivées continuent désormais de s’enchaîner à Fort-de-France, Alexandre Ozon inscrit un peu plus son nom dans l’histoire de l’épreuve.