12 Mai 2026
Les arrivées continuent de s’enchaîner à Fort-de-France dans cette Cap-Martinique 2026 particulièrement intense, tandis qu’une partie de la flotte est encore engagée dans la traversée de l’Atlantique. Entre fatigue accumulée, soucis techniques, longues glissades sous spi et moments de grâce au large, la course poursuit son rythme au fil des arrivées martiniquaises.
Quelques heures après la victoire d’Alexandre Ozon en solitaire, Jean-Pierre Kelbert (Persaivert) a franchi à son tour la ligne d’arrivée ce mardi 12 mai à 08h13 heure locale. Le fondateur du chantier JPK devient ainsi le deuxième solitaire à rallier la Martinique, après 21 jours, 21 heures et 13 minutes de course, auxquels s’ajoute une pénalité de 45 minutes pour une infraction dans une zone interdite au large de la Mauritanie.
Tout au long de la traversée, Jean-Pierre Kelbert aura livré une lutte à distance particulièrement serrée avec Alexandre Ozon, les deux hommes naviguant sur des JPK 10.50 particulièrement performants. Le skipper revient notamment sur plusieurs moments clés qui auront marqué sa course, à commencer par un spectaculaire accrochage avec un filet de pêche dans le golfe de Gascogne alors qu’il évoluait sous spi dans plus de 30 nœuds de vent. « J’ai tout affalé, fait des marches arrière, coupé le filet… et laissé beaucoup d’énergie dans l’histoire », raconte-t-il.
La suite de la traversée aura été marquée par une succession de batailles tactiques, notamment au large du cap Finisterre et dans les zones de petits airs, où les écarts se créaient parfois en quelques heures seulement. Malgré la fatigue et les difficultés liées aux sargasses dans les derniers jours de course, Jean-Pierre Kelbert retient avant tout le plaisir procuré par son bateau. « C’est un bateau qui plane de folie », résume-t-il à propos du JPK 10.50, omniprésent aux avant-postes de cette édition.
Quelques heures plus tard, Régis et Clémence Vian (Les Jardins Sous-Marins) sont devenus le quatrième duo à rallier Fort-de-France en coupant la ligne à 15h03. Père et fille ont bouclé cette transatlantique après 22 jours et 4 heures de navigation, au terme d’une traversée marquée par plusieurs soucis techniques, notamment un problème de safran avant le Cap-Vert.
Malgré ces difficultés, le duo retient surtout l’aventure humaine et les sensations de glisse offertes par leur bateau. « Quand tout devient fluide et que le bateau part au surf, c’est extraordinaire », confie Régis Vian, fidèle de la course puisqu’il participait cette année à sa troisième Cap-Martinique.
Pendant ce temps, plusieurs équipages poursuivent encore leur route vers les Antilles. À bord de Les Liens du Cœur, Jean-Philippe Germain et Jérôme Viaud ont récemment franchi la barre symbolique des 1 000 milles restants avant l’arrivée. Malgré des conditions parfois compliquées et plusieurs incidents sous spi, le moral reste intact.
Même état d’esprit à bord d’Acromégales, où Laurent Perrin et Jérôme Frouin racontent des journées particulièrement sportives dans des alizés musclés, avec des départs au lof, du matériel cassé et des pointes à plus de 17 nœuds dans une mer très formée. « Tout va bien à bord », assurent-ils malgré la fatigue et les réparations improvisées en pleine mer.
Alors que les arrivées se poursuivent désormais quotidiennement en Martinique, cette édition 2026 confirme une nouvelle fois le caractère exigeant, technique et profondément humain de la Cap-Martinique.