11 Mai 2026
La Cap-Martinique 2026 a connu son premier grand dénouement ce lundi 11 mai avec l’arrivée en Martinique de Sam Manuard et Erwann Le Mené. Après 21 jours, 2 heures, 12 minutes et 12 secondes de navigation, le duo a franchi la ligne d’arrivée à Fort-de-France à 13h12 heure locale, devenant ainsi les premiers concurrents à boucler cette troisième édition en temps réel.
Partis de La Trinité-sur-Mer le 20 avril dernier, les deux marins auront parcouru plus de 4 000 milles dans une édition particulièrement tactique et exigeante. Conditions météo instables, alizés irréguliers, transitions complexes : cette traversée aura demandé autant d’endurance que de lucidité stratégique.
Architecte naval reconnu, Sam Manuard fait aujourd’hui partie des figures majeures de la course au large contemporaine. Concepteur de nombreux bateaux performants engagés sur les grandes courses océaniques, il a cette fois choisi de prendre lui-même le départ à bord de l’un de ses dessins, un Pogo RC de nouvelle génération. À ses côtés, Erwann Le Mené, maçon et passionné de voile amateur, partageait cette aventure sous les couleurs de l’association Guérir en Mer, qui accompagne les soignants confrontés à l’épuisement professionnel grâce à la pratique de la voile.
Tout au long de la course, le duo est resté aux avant-postes, assumant des choix stratégiques parfois audacieux, notamment une route passant entre les îles du Cap-Vert. « On avait confiance dans la vitesse du bateau », explique Erwann Le Mené, conscient que cette option plus au sud permettait de conserver de bonnes conditions de navigation malgré une route légèrement rallongée.
Mais au-delà de la performance sportive, les deux marins retiennent surtout l’expérience humaine vécue pendant ces trois semaines de traversée. Sam Manuard évoque « une course mais en même temps un voyage », marqué par les côtes africaines, les Canaries, le Cap-Vert et l’arrivée en Martinique au pied du Rocher du Diamant.
Le skipper souligne également l’état d’esprit particulier de cette Cap-Martinique 2026. Grâce notamment à un groupe WhatsApp réunissant les concurrents, les échanges entre équipages ont créé une atmosphère rare dans le monde de la course au large. « Les gars racontaient leurs galères, se filaient des coups de main… c’était fantastique », raconte-t-il, saluant « le plus bel esprit amateur ».
Malgré cette première arrivée, le classement général reste totalement ouvert. La Cap-Martinique étant disputée en temps compensé sous jauge IRC, les performances sont corrigées selon les caractéristiques des bateaux. Avec un rating élevé, le Pogo RC de Manuard et Le Mené concède un handicap important à ses poursuivants.
Tous les regards se tournent désormais vers les prochains arrivants, notamment Éric Guigné et Maxime Paul (Ose), attendus dans les prochaines heures à Fort-de-France. La bataille pour la victoire finale ne fait donc que commencer.