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Innovation & Technologie. Après la voiture électrique et la voiture volante, XPeng explore à son tour le nautisme avec un projet baptisé Flying Fish

Publié le 11 juin 2026 , mis à jour le 15 juin 2026 Par ActuNautique Magazine
Selon plusieurs sources chinoises, XPeng, l'un des principaux constructeurs de véhicules électriques du pays, travaillerait sur un projet de bateau baptisé Flying Fish. Si aucune annonce officielle n'a encore été faite, cette information mérite toute l'attention de la filière nautique. Car au-delà du lancement éventuel d'une nouvelle unité, c'est surtout l'arrivée possible d'un géant de la mobilité intelligente dans l'univers du nautisme qui interpelle. Une évolution qui pourrait préfigurer les transformations auxquelles les industriels occidentaux seront confrontés dans les années à venir.
XPeng se développe déjà dans la voiture volante avec une filiale dédiée, AeroHT

XPeng se développe déjà dans la voiture volante avec une filiale dédiée, AeroHT

XPeng regarde désormais vers la mer

L'information est apparue discrètement dans plusieurs médias spécialisés chinois. Selon ces publications, XPeng aurait constitué au cours des derniers mois une équipe de recherche et développement dédiée à un projet nautique interne portant le nom de code Flying Fish.

Le programme mobiliserait près d'une centaine d'ingénieurs et serait placé sous la responsabilité de Qian Zhanwei, actuellement en charge de l'architecture des véhicules du constructeur.

À ce stade, aucun visuel, aucune donnée technique et aucun calendrier de commercialisation n'ont été dévoilés. XPeng n'a d'ailleurs pas confirmé officiellement l'existence du projet.

Mais le simple fait qu'un groupe de cette envergure consacre des ressources humaines importantes à l'exploration du secteur nautique constitue déjà une information en soi.

XPeng n'entre pas dans le nautisme comme un constructeur traditionnel

L'erreur serait d'analyser XPeng comme un nouvel entrant classique sur le marché de la plaisance.

XPeng n'est pas un chantier naval. XPeng est avant tout une entreprise technologique spécialisée dans la mobilité.

Depuis sa création en 2014, le constructeur chinois a bâti sa réputation sur les véhicules électriques, les systèmes avancés d'aide à la conduite, l'intelligence artificielle embarquée et l'intégration logicielle.

L'entreprise investit également massivement dans la robotique et dans la mobilité aérienne à travers sa filiale AeroHT, qui développe actuellement des solutions de voitures volantes.

Autrement dit, XPeng ne raisonne pas en termes d'automobile, d'aviation ou de nautisme. Le groupe raisonne en termes de mobilité globale.

Dans cette logique, la mer apparaît comme un prolongement naturel de sa stratégie.

Le nautisme, prochain terrain de jeu des géants technologiques ?

Ce qui rend cette information particulièrement intéressante pour les professionnels du nautisme réside dans la nature même des compétences apportées par XPeng.

Les premiers éléments évoqués par les médias chinois font état d'un travail autour des algorithmes de contrôle, des systèmes de pilotage et des technologies embarquées.

Le sujet n'est donc pas uniquement la construction d'un bateau.

Le sujet est potentiellement la transformation du bateau en plateforme numérique.

Depuis plusieurs années, les véhicules automobiles connaissent une mutation profonde. L'électronique, le logiciel et l'intelligence artificielle occupent désormais une place aussi importante que la mécanique.

Le nautisme suit progressivement la même trajectoire.

Navigation assistée, interfaces numériques, gestion énergétique, surveillance des systèmes de bord, maintenance prédictive, connectivité permanente, intelligence embarquée : autant de domaines dans lesquels les acteurs technologiques disposent souvent d'une avance considérable sur les constructeurs traditionnels.

La Chine est déjà devenue le premier marché mondial pour les véhicules électriques et l'un des principaux centres industriels mondiaux dans la production de batteries. Son intérêt croissant pour le nautisme pourrait constituer la prochaine étape de cette montée en puissance technologique.

Une leçon déjà observée dans l'automobile

Pour les industriels européens du nautisme, le cas XPeng mérite peut-être d'être observé à travers le prisme de l'automobile.

Il y a encore quinze ans, peu de constructeurs occidentaux considéraient sérieusement les nouveaux entrants chinois.

Aujourd'hui, plusieurs d'entre eux se retrouvent confrontés à des concurrents capables de développer plus rapidement des véhicules, de maîtriser les batteries, les logiciels et les architectures électroniques, tout en bénéficiant d'investissements massifs.

Le parallèle n'est évidemment pas parfait.

Le nautisme demeure un marché beaucoup plus restreint, avec des volumes de production sans commune mesure avec ceux de l'automobile.

Mais les dynamiques d'innovation suivent souvent les mêmes logiques.

Lorsqu'un secteur devient de plus en plus dépendant du logiciel, de la donnée et de l'intelligence artificielle, les nouveaux entrants technologiques disposent d'atouts qui peuvent rapidement rebattre les cartes.

Les précédents dans le nautisme

XPeng n'est pas le premier acteur extérieur à s'intéresser au marché nautique.

De nombreuses marques automobiles ont tenté l'aventure ces dernières années. Porsche, Lamborghini, Mercedes-AMG, Aston Martin ou encore Lexus ont toutes associé leur image à des projets maritimes.

La plupart de ces initiatives relevaient toutefois davantage du marketing, du design ou de la diversification d'image que d'une véritable stratégie industrielle.

La situation semble différente dans le cas de XPeng.

Le groupe ne cherche pas seulement à apposer un logo sur une coque. Les informations disponibles laissent penser qu'il s'intéresse davantage aux technologies embarquées et à l'expérience utilisateur qu'à la seule dimension esthétique du produit.

Cette approche pourrait s'avérer beaucoup plus structurante à long terme.

Une industrie nautique encore largement artisanale

L'industrie nautique européenne demeure l'une des plus performantes au monde en matière d'architecture navale, de design, de construction composite et de qualité de fabrication.

Mais elle conserve également certaines caractéristiques héritées de son histoire.

La fragmentation du marché, la faiblesse relative des volumes de production et la prédominance de savoir-faire artisanaux ralentissent parfois l'intégration de certaines technologies numériques.

Or les attentes évoluent.

Les nouvelles générations de propriétaires sont de plus en plus familières avec les écosystèmes connectés, les interfaces intuitives, les mises à jour logicielles à distance et les services numériques intégrés.

Demain, la valeur d'un bateau ne reposera peut-être plus uniquement sur sa coque, son aménagement ou ses performances marines.

Elle pourrait également dépendre de la qualité de son environnement numérique.

Flying Fish, un signal faible à ne pas négliger

Il serait excessif d'annoncer aujourd'hui l'arrivée imminente de XPeng sur le marché mondial du nautisme.

Le projet Flying Fish reste entouré de nombreuses inconnues.

Aucun prototype n'a été dévoilé. Aucun partenariat industriel n'a été annoncé. Aucun programme commercial n'a été confirmé.

Pour autant, l'information mérite d'être suivie de près.

Car elle révèle une évolution plus profonde : le nautisme apparaît désormais suffisamment attractif pour susciter l'intérêt de groupes technologiques dont le cœur de métier n'a aucun lien historique avec la construction navale.

Et lorsque des acteurs capables d'investir massivement dans la recherche, les logiciels et l'intelligence artificielle commencent à regarder vers la mer, il serait imprudent de considérer cette curiosité comme anecdotique.

Le projet Flying Fish pourrait s'inscrire dans la nouvelle génération de bateaux connectés, où l'intelligence artificielle, l'électrification partielle ou totale de la propulsion et les systèmes de navigation assistée occupent une place croissante.

Plus qu'un bateau, une vision de la mobilité

Au fond, le véritable sujet n'est peut-être pas le futur bateau de XPeng.

Le véritable sujet est l'élargissement progressif de la notion même de mobilité.

Les frontières qui séparaient autrefois l'automobile, l'aéronautique et le nautisme deviennent de plus en plus poreuses. Les mêmes technologies irriguent désormais ces différents univers : batteries, intelligence artificielle, capteurs, automatisation, connectivité et gestion de données.

Dans ce contexte, l'arrivée éventuelle de XPeng dans le nautisme pourrait n'être que le premier signe visible d'un mouvement beaucoup plus vaste. Si XPeng confirme son entrée dans le nautisme, il pourrait devenir le premier grand acteur chinois de la mobilité intelligente à développer simultanément des solutions terrestres, aériennes et maritimes. Une évolution qui illustrerait le rapprochement croissant entre automobile, aéronautique et plaisance autour des mêmes technologies : batteries, intelligence artificielle, connectivité, automatisation et gestion des données.

Une perspective qui mérite, à tout le moins, de retenir l'attention des acteurs occidentaux du secteur. L'arrivée éventuelle de XPeng pourrait constituer l'un des mouvements les plus significatifs observés dans l'industrie nautique mondiale depuis l'émergence des premiers acteurs du bateau électrique.

FAQ – Ce que l'on sait du projet Flying Fish de XPeng

XPeng va-t-il construire un bateau ?

Selon plusieurs médias chinois, le constructeur travaillerait sur un projet nautique baptisé Flying Fish, sans confirmation officielle à ce stade.

XPeng est-il déjà présent dans le nautisme ?

Non. Le groupe est principalement actif dans les véhicules électriques, l'intelligence artificielle et la mobilité aérienne via sa filiale AeroHT.

Le projet Flying Fish sera-t-il électrique ?

Aucune information technique n'a été communiquée. Toutefois, l'expertise de XPeng dans l'électrification laisse supposer que cette technologie pourrait jouer un rôle important.

Pourquoi cette annonce intéresse-t-elle l'industrie nautique ?

Parce qu'elle pourrait marquer l'arrivée d'un acteur technologique majeur dans un secteur encore largement dominé par les constructeurs nautiques traditionnels.

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