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Le Boat. Sylvain, Actunaute fidèle et propriétaire de trawler de 1981 découvre le Liberty de Le Boat

Publié le 30 août 2026 , mis à jour le 30 août 2026 Par ActuNautique Magazine

Peut-on retrouver l’esprit d’un trawler traditionnel dans un bateau fluvial conçu quarante ans plus tard ? Au Salon fluvial de Saint-Jean-de-Losne, ActuNautique a proposé à Sylvain, un Actunaute propriétaire d’un CHIEN HWA 34 taïwanais de 1981 très proche dans son concept d’un Grand Banks, de découvrir le Liberty, dernière génération de bateaux de Le Boat. Habitabilité, circulation, luminosité, flybridge, cabines et vie à bord : son regard de propriétaire permet de confronter deux époques et deux manières de concevoir le bateau de voyage. Avec, à l’arrivée, quelques idées reçues sur les bateaux de location qui volent en éclats.

Il y a des comparatifs qui ne nécessitent ni chronomètre ni tableau de performances. Mettre à bord d'un bateau fluvial contemporain le propriétaire d'un trawler traditionnel vieux de plus de quarante ans permet déjà de mesurer l'évolution considérable de la conception des bateaux de voyage.

C'est précisément ce qu'ActuNautique a réalisé à l'occasion du Salon fluvial de Saint-Jean-de-Losne.

Sur les pontons de Le Boat, nous avons rencontré Sylvain, un Actunaute qui suit ActuNautique depuis cinq ou six ans et qui possède un CHIEN HWA 34 construit à Taïwan en 1981, très similaire dans son architecture et sa philosophie à un Grand Banks de la même époque. Un bateau qu'il a refité et avec lequel il pratique aussi bien la navigation fluviale qu'un peu de maritime.

Son expérience était donc particulièrement intéressante pour découvrir le Liberty de Le Boat.

Du trawler traditionnel au bateau fluvial contemporain

Sur le papier, les deux bateaux appartiennent finalement à des univers moins éloignés qu'il n'y paraît.

Le trawler traditionnel est conçu pour voyager tranquillement, privilégier l'autonomie, offrir de véritables volumes habitables et permettre à son propriétaire de passer beaucoup de temps à bord.

Le Liberty répond lui aussi à une logique de déplacement lent et de vie à bord. Mais plus de quarante ans séparent les deux conceptions.

Sur le CHIEN HWA de Sylvain, comme sur nombre de trawlers de cette génération, l'organisation repose sur une architecture très classique : importante présence du bois, cabine arrière surélevée, passavants latéraux relativement encaissés et flybridge.

Le Liberty reprend certains de ces fondamentaux tout en les interprétant de manière radicalement différente.

Et la première chose qui frappe notre propriétaire est l'exploitation des volumes.

Une immense différence de luminosité

En montant à bord du Liberty, Sylvain relève immédiatement la luminosité et la sensation d'espace.

Les grandes surfaces vitrées transforment la perception intérieure du bateau. Là où les trawlers des années 1980 multipliaient les ouvertures relativement contenues, l'architecture contemporaine cherche à effacer autant que possible la frontière entre intérieur et extérieur.

Le Liberty bénéficie ainsi d'un vitrage panoramique offrant pratiquement une vision à 360 degrés depuis l'espace de vie principal.

Cette recherche de lumière se poursuit jusque dans les cabines.

Les vitrages installés au niveau des coques permettent de conserver une vue très proche de l'eau. Sur un canal ou une rivière, on ne descend donc plus dans une cabine totalement séparée du paysage : la berge, le fleuve et même les oiseaux évoluant à proximité du bateau restent visibles.

Un changement considérable dans la manière d'envisager les espaces situés sous le pont principal.

Le Liberty privilégie la circulation de plain-pied

Deuxième différence majeure : la circulation.

Le Liberty est organisé autour d'espaces largement décloisonnés et d'une circulation de plain-pied.

Depuis l'arrière, le déplacement vers le carré s'effectue naturellement, sans multiplier les marches ou les différences de niveaux.

La grande plateforme arrière constitue d'ailleurs un élément particulièrement intéressant pour le programme fluvial. Sylvain y voit immédiatement un emplacement adapté au transport des vélos.

Ce détail peut paraître secondaire. Il est en réalité très révélateur de l'évolution du tourisme fluvial.

Le vélo est devenu le complément naturel du bateau habitable. On navigue pendant quelques heures, on s'arrête dans un village ou à proximité d'une voie verte, on débarque les bicyclettes et l'on poursuit la découverte du territoire à terre.

Une plateforme facilement accessible depuis le quai devient alors un véritable équipement de voyage.

Des cabines conçues comme de véritables espaces de vie

L'évolution apparaît également dans les espaces privés.

Sylvain découvre des cabines sensiblement plus ouvertes sur l'extérieur que celles de son bateau de 1981.

La lumière naturelle occupe ici une place essentielle. Même une cabine latérale bénéficie d'ouvertures permettant de regarder directement le fleuve.

La salle d'eau est également jugée grande et fonctionnelle.

Mais notre propriétaire de trawler remarque un détail intéressant : malgré son architecture très contemporaine, le Liberty n'a pas totalement abandonné le bois.

Dans un univers nautique où les intérieurs blancs, gris et les matériaux synthétiques peuvent parfois donner des ambiances assez froides, la présence de boiseries apporte de la chaleur.

C'est précisément l'un des éléments auxquels un propriétaire d'un bateau des années 1980, dont les aménagements intérieurs font largement appel au bois, pouvait être particulièrement sensible.

Un poste de pilotage qui conserve certains fondamentaux du trawler

Les générations changent, mais certaines bonnes solutions traversent les décennies.

Au poste de barre intérieur, Sylvain retrouve notamment une disposition qu'il apprécie sur son propre bateau : la porte latérale située à proximité du pilote.

En navigation, elle permet de profiter directement de l'extérieur. Mais son intérêt devient surtout évident lors des manœuvres.

Le pilote peut ouvrir sa porte, sortir immédiatement et atteindre l'amarre ou le taquet sans devoir traverser le bateau.

Pour un propriétaire habitué à effectuer lui-même ses accostages, ce genre de détail ergonomique compte souvent davantage qu'un équipement spectaculaire.

Le Liberty conserve donc certains principes fondamentaux du trawler tout en les intégrant dans une architecture beaucoup plus récente.

Le flybridge change complètement d'échelle

C'est toutefois en montant sur le flybridge du Liberty que la différence avec le bateau de Sylvain devient la plus spectaculaire.

Sur les trawlers traditionnels, le flybridge constitue déjà un second poste de pilotage et un espace extérieur appréciable. Mais les contraintes architecturales, notamment liées à la cabine arrière surélevée, limitent souvent la surface réellement exploitable.

Sur le Liberty, le flybridge devient un véritable pont supérieur consacré à la vie à bord.

La grande table approche les deux mètres de longueur et permet d'imaginer facilement une dizaine de personnes réunies autour d'un repas.

À proximité se trouvent une plancha et les équipements nécessaires pour organiser un déjeuner ou un dîner à l'extérieur.

Sylvain y retrouve immédiatement ce qui constitue pour lui l'une des dimensions essentielles de la plaisance : les amis, les rencontres entre bateaux et les moments passés ensemble une fois la navigation terminée.

Le bateau devient alors moins un moyen de transport qu'un lieu de vie itinérant.

Piloter pendant que les autres profitent du voyage

Le flybridge répond également à une problématique familière à beaucoup de propriétaires.

Tous les passagers ne partagent pas nécessairement la passion du pilote pour la navigation.

Le Liberty permet de réunir tout le monde sur le même pont sans imposer la même activité à chacun. Pendant que le pilote tient la barre, les passagers peuvent s'installer sur les bains de soleil, lire, discuter ou simplement regarder défiler le paysage.

Cette organisation permet de rester ensemble sans se gêner.

Elle se retrouve ailleurs sur le bateau grâce à la multiplication des espaces indépendants.

Un deuxième bain de soleil accessible directement depuis le flybridge

L'une des surprises de la visite se trouve justement à l'avant.

Depuis le flybridge, un petit escalier permet de descendre directement vers un second bain de soleil installé sur la partie avant du bateau.

Cette circulation verticale crée un raccourci entre les différents espaces et évite de devoir systématiquement repasser par l'intérieur ou les passavants.

Elle permet surtout de multiplier les lieux de vie.

Une famille ou un groupe d'amis peut ainsi se répartir entre la plateforme arrière, le carré, le flybridge et la zone avant.

Pour Sylvain, c'est l'un des intérêts essentiels de cette conception : être ensemble à bord sans être constamment les uns sur les autres.

Sur un bateau habitable, particulièrement lorsque plusieurs personnes vivent ensemble pendant plusieurs jours, cette capacité à créer différents espaces peut faire une réelle différence.

Le regard intéressant d'un propriétaire sur un bateau de location

Cette BateauScopie prend finalement une tournure inattendue.

Avant de monter à bord, Sylvain reconnaît avoir, comme beaucoup de plaisanciers propriétaires, certains a priori concernant les bateaux destinés à la location fluviale.

L'image peut être celle d'un produit conçu avant tout pour être simple à exploiter et rentable pour un loueur, au détriment éventuellement des qualités recherchées par un propriétaire.

Sa découverte du Liberty modifie sensiblement cette perception.

Son bilan est particulièrement clair : le bateau lui apparaît habitable, lumineux, intelligemment organisé et réellement pensé comme un bateau, et non simplement comme un hébergement flottant destiné à la location.

L'observation est intéressante parce qu'elle vient précisément d'un plaisancier habitué à un bateau traditionnel, qu'il entretient et qu'il a lui-même refité.

Quarante-cinq ans d'évolution du bateau de voyage

La comparaison entre le CHIEN HWA 34 de 1981 de Sylvain et le Liberty n'a évidemment rien d'un duel.

Personne ne cherche à déterminer lequel des deux est « meilleur ».

Le premier appartient à l'âge des trawlers traditionnels, avec leurs boiseries abondantes, leur personnalité et une conception largement héritée des bateaux de travail.

Le second traduit près d'un demi-siècle d'évolution de l'architecture des bateaux habitables : vitrages beaucoup plus importants, optimisation systématique des volumes, multiplication des espaces extérieurs et recherche d'une circulation aussi simple que possible.

Mais derrière ces différences, leur philosophie conserve d'étonnants points communs.

Dans les deux cas, la vitesse n'est pas la priorité. L'objectif consiste à voyager, habiter le bateau et prendre le temps de découvrir les territoires traversés.

Le Liberty transpose simplement cette philosophie dans les usages contemporains de la plaisance fluviale : davantage de lumière, de convivialité, des vélos à l'arrière, plusieurs espaces pour se retrouver ou s'isoler et un flybridge devenu une véritable terrasse.

Cette émission de BateauScopie réalisée au Salon fluvial de Saint-Jean-de-Losne offre ainsi un regard différent sur le dernier-né de Le Boat. Plutôt que de l'analyser uniquement à travers sa fiche technique, nous avons choisi de le faire découvrir à un plaisancier habitué à naviguer sur un bateau vieux de plus de quarante ans.

Et son verdict résume probablement le mieux cette rencontre entre deux générations : derrière l'image du bateau de location, le Liberty est avant tout un vrai bateau de voyage, conçu autour de la vie à bord et de la navigation fluviale contemporaine.

 

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