Trois échouements en l’espace de quelques jours : le périple d’un plaisancier à bord d’un XO Boats a pris une nouvelle tournure lundi 10 août 2026 sur la côte ouest du Cotentin. Après deux précédents incidents dans les îles Anglo-Normandes puis à Sciotot, le bateau à coque aluminium a cette fois été victime d’une avarie de motorisation au large de La Hague. Sa dérive s’est achevée dans les rochers avant une intervention de la SNSM de Diélette.
Trois échouements successifs entre les Anglo-Normandes et le Cotentin
C’est une succession d’incidents assez inhabituelle pour être relevée. En quelques jours seulement, un même plaisancier et son bateau à moteur ont connu trois échouements dans une zone géographique relativement restreinte de la Manche.
Le premier s’est produit dans les îles Anglo-Normandes. Le bateau a ensuite connu un nouvel échouement sur la côte de Sciotot, à l’ouest du Cotentin.
Les dates et circonstances précises de ces deux premiers événements ne sont pas connues. Il serait donc prématuré d’établir un lien entre eux ou de les attribuer à un problème technique particulier.
Le troisième incident est en revanche beaucoup mieux documenté. Il s’est produit lundi 10 août 2026 à La Hague, alors que le bateau effectuait une navigation depuis Carteret.
Cette fois, une défaillance de la propulsion est directement mentionnée dans les circonstances ayant précédé l’échouement.
Un bateau identifié comme un XO Boats à coque aluminium
Les photographies prises lors de l’intervention permettent d’identifier la marque du bateau : il s’agit d’un XO Boats, constructeur finlandais spécialisé dans les bateaux rapides utilisant une coque en aluminium.
L’unité accidentée mesure environ 9 à 10 mètres et possède une timonerie fermée ainsi qu’une double motorisation hors-bord. Sa silhouette évoque fortement un modèle de la famille XO DFNDR, sans qu’il soit possible, à partir des seuls éléments disponibles, d’établir avec certitude sa version exacte.
Les deux hors-bord visibles sur les photographies semblent être des Mercury, marque régulièrement proposée sur les bateaux XO. Là encore, l’identification photographique ne permet pas d’affirmer leur modèle ni leur puissance.
La présence de deux moteurs rend cependant l’avarie rapportée lors du dernier incident particulièrement intéressante sur le plan technique. Une installation bimoteur apporte normalement une certaine redondance, mais celle-ci n’est pas absolue.
Une panne affectant un élément commun aux deux moteurs — alimentation en carburant, batterie ou distribution électrique, commandes ou électronique — peut par exemple rendre simultanément les deux propulseurs indisponibles. Rien ne permet toutefois de savoir si l’un de ces scénarios s’est produit à La Hague.
Une avarie de propulsion à quelques centaines de mètres du rivage
Le lundi 10 août, le bateau navigue depuis Carteret avec un seul homme à bord lorsqu’une avarie affecte sa motorisation à quelques centaines de mètres de la côte.
Le plaisancier se retrouve alors à bord d’une embarcation privée de sa capacité normale de propulsion et soumise à la dérive.
Il tente de mouiller afin d’immobiliser le bateau avant qu’il n’atteigne le rivage. La manœuvre ne permet toutefois pas d’éviter la côte et le XO termine sa dérive parmi les rochers de l’anse du port du Houguet, sur la commune de La Hague.
Vers 7 h 30, sa présence est repérée depuis la côte. L’alerte est transmise au CROSS Jobourg, qui assure notamment la coordination des opérations de recherche et de sauvetage dans cette partie de la Manche.
Aucun accident corporel n’est signalé.
La SNSM intervient près de dix heures après l’échouement
La priorité devient ensuite la récupération du bateau.
Compte tenu de sa position dans les rochers et de l’évolution de la marée, son déséchouement n’est pas entrepris immédiatement. Après concertation avec son propriétaire, l’intervention des sauveteurs en mer est retenue.
La station SNSM de Diélette engage sa vedette rapide La Regnouse, accompagnée de son semi-rigide.
Les sauveteurs interviennent avec le retour de l’eau, aux alentours de 17 h 30, près de dix heures après le signalement initial.
La difficulté consiste alors à remettre le XO à flot sans ajouter de nouveaux dommages à ceux provoqués par son séjour sur les rochers.
Une fois dégagée, l’embarcation est prise en remorque par la SNSM en direction de Diélette, à 6,5 milles nautiques environ du lieu de l’accident, soit un peu plus de 10 km.
Les sauveteurs constateront que la coque aluminium a subi des dommages significatifs durant l’échouement.
Une expertise nécessaire après le retour à Diélette
La construction en aluminium constitue l’une des caractéristiques techniques des bateaux XO. Ce matériau offre une importante résistance mécanique et explique notamment son utilisation sur des bateaux destinés aux navigations exigeantes.
Cette robustesse ne dispense évidemment pas d’une inspection approfondie après un contact prolongé avec des rochers.
La coque devra notamment être examinée afin de rechercher des déformations, des atteintes aux soudures ou à la structure interne et d’éventuelles pertes d’étanchéité. Le tableau arrière mérite également une attention particulière sur un bateau équipé de deux hors-bord.
Les hélices et les embases peuvent elles aussi avoir subi des chocs, en fonction de la position des moteurs au moment de l’échouement.
Mais l’expertise devra surtout déterminer la nature de l’avarie de motorisation qui a précédé la dérive. À ce stade, aucune information ne permet d’établir si la panne concernait directement un ou les deux moteurs ou un équipement commun à l’installation.
Cette distinction est importante : rien ne permet aujourd’hui d’associer la panne mécanique du 10 août aux deux échouements précédemment rencontrés par le bateau.
L’épisode de La Hague constitue donc le troisième accident connu de ce XO Boats en quelques jours, après les îles Anglo-Normandes et Sciotot. Une séquence particulièrement mouvementée qui s’est, cette fois, terminée par un remorquage jusqu’à Diélette et par une embarcation nécessitant désormais une sérieuse inspection avant de pouvoir reprendre la mer.
le dernier échouement a eu lieu à côté du port du Houguet
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