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Monter en tête de mât (4/4) - Monter sans matériel

Connaissez-vous les techniques d’encordement traditionnelles permettant de monter au mât, seul, sans disposer de matériel spécifique ?
 

Monter en tête de mât (4/4) - Monter sans matériel

Les Mastclimber, Olivettes et autres systèmes utilisent des systèmes de blocages mécaniques sur cordes pour transférer les efforts d’un point d’appui bas (au pied) à un autre haut (à hauteur des mains).

Traditionnellement les alpinistes connaissent ces méthodes qu’ils réalisent avec des nœuds autobloquants dont le plus connu est le nœud de Prusik que nous avons évoqué lors de la mise en place de l’assurance ou ligne de vie sur une seconde drisse.

Avant l’apparition des bloqueurs, descendeurs et autres outils, c’est ainsi qu’un alpiniste, pendu à une corde parvenait à remonter seul.

Le nœud de Prusik

Ce nœud tire son nom d’un alpiniste autrichien, le Dr Karl Prusik, plusieurs fois président du Club Alpin Autrichien et grand partisan du Club Alpin Allemand nazi contemporain de l’époque de l’annexion de l’Autriche au Reich, alpiniste prolixe, découvreur de plus de 70 nouvelles voies.
Le nœud de Prusik est un nœud symétrique autobloquant sous tension. Il permet d’arrimer un bout sur l'autre tout en autorisant ou non le coulissement.
Il se monte avec un bout fermé sur lui-même, l’anneau, et comporte trois tours autour du cordage ou de la drisse servant à l’escalade.

Le principe

Équipé d’un baudrier, on frappe une drisse sur un taquet ou sur le pont en lui donnant peu de tension. L’extrémité libre est fixée sur le baudrier avec un nœud de chaise.
On va ensuite se fabriquer un étrier et une longe en section de drisse.
Arrimés à la drisse, ces deux accessoires, fixés au baudrier, vont servir alternativement. La section du bout dans lequel on confectionne ces accessoires sera nécessairement plus faible que celle de la drisse.
On utilise la puissance d’une jambe ou des deux jambes pour monter.
On se hisse en poussant du pied sur l’étrier, puis, on déplace vers le haut le point d’appui de la longe sur la drisse.
On laisse reposer son poids sur la longe et on remonte le point d’appui de l’étrier.
Et ainsi de suite, 40 cm par 40 cm.
Les nœuds de Prusik, en basculant, vont verrouiller leur position sur la drisse et permettre un point d’appui.

Le montage

La drisse fixée au baudrier, on réalise le premier nœud de Prusik sur la l’anneau destiné à être fixé en amont sur la drisse.

L’anneau, une fois arrimé à la drisse, vient se fixer sur le baudrier.

On fait ensuite le second nœud de Prusik sur une seconde boucle (l’étrier) dont la longueur est adaptée à une extension complète de la jambe. Une extrémité du bout, fermé en boucle, vient aussi se fixer sur le baudrier.

L’ascension

  • Solidement campé, un pied sur l’échelle, on pousse tout en gardant le corps parallèle et plaqué à la drisse.
  • Une fois la jambe tendue, on déplace le Prusik de la boucle haute au maximum vers le haut.
  • On se laisse pendre à cette boucle haute.
  • On remonte le Prusik de l’échelle.
  • Et ainsi de suite…

En vidéo ici .

La descente

Pour descendre, il existe deux manières de faire, au choix de l’utilisateur !

On peut utiliser le rappel, mais le décrire ici nous éloignerait trop de notre sujet nautique.

On descend facilement en utilisant nos deux boucles montées sur la drisse avec leurs nœuds de Prusik.

  • On fléchit la jambe dans l’étrier et on se laisse pendre sur la boucle haute.
  • On descend le Prusik de l’échelle d’une quarantaine de cm en prenant garde de ne pas perdre l’étrier du pied !
  • On se lève sur la jambe en s’aidant de l’étrier.
  • On descend le Prusik du haut de la distance voulue.
  • On fléchit la jambe dans l’étrier et on se laisse pendre sur la boucle haute.

Et ainsi de suite

Enfin, pour les adeptes du minimalisme, en l’absence de harnais, il existe plusieurs manières d’en réaliser un, à la manière des commandos, toutes inconfortables à souhait, avec une sangle ou une corde.

La pratique des méthodes d’ascension traditionnelles en condition réelle (et en hauteur) ne s’improvise pas. Tout comme on imagine difficilement l’effort physique nécessaire à l’utilisation de ce type de matériel.
Si vous décidez de vous passer de matériel dédié, direction le mur d’escalade, il faudra vous entraîner dur !

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