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Monter au mât de son voilier (2/4) - quel matériel choisir ?

De multiples solutions existent sur le marché pour monter en haut du mât d’un voilier. Dans cet article nous examinerons les techniques traditionnelles de montée au mât puis, dans le suivant, nous nous pencherons sur les techniques issues de l’escalade permettant d’y monter seul.

Monter au mât de son voilier (2/4) - quel matériel choisir ?

La chaise de calfat

Cette méthode, qui implique la présence active d’un équipier alerte et relativement fort physiquement, consiste à hisser dans le mât, en utilisant une drisse, un volontaire installé dans un chaise de calfat, un baudrier ou une boucle de nœud de chaise simple ou double.

Les chaises sont de simples assises.

Une chaise de calfat

Les baudriers assurent un maintien même tête en bas. Issus du monde de l’escalade, il en existe des centaines de types. Les plus confortables assurent un long et large appui sous les cuisses afin de ne pas couper la circulation sanguine lors des stations prolongées.

Un baudrier

Enfin, on peut confectionner une chaise au moyen d’un nœud de chaise à double boucle ou nœud de chaise de calfat (voir notre article sur les nœuds de chaise doubles). C’est l'ancêtre du baudrier, on passe une boucle sous les fesses et une autre sous les cuisses et c’est parti !

Un nœud de chaise de calfat

Hisser quelqu’un dans le mât à la chaise de calfat

Quel que soit le type de chaise choisi, on peut procéder de deux manières sur un voilier : en utilisant un winch, c’est la méthode la plus simple, ou en utilisant le guindeau horizontal électrique et un renvoi d’angle. Ces derniers étant de moins en moins montés sur les voiliers, au profit de guindeaux verticaux, nous ne décrirons pas cette manœuvre ici.

La séquence de la manœuvre au winch

L’équipier chargé du winch ou du guindeau doit être sensibilisé à l’usage des bloqueurs, qui restent fermés pendant l’ascension, et à la manière de reprendre leur tension au winch avant de les libérer. Utilisez un winch manuel, qui procure du “feedback” à son utilisateur.
Enfin, une attention toute particulière doit être portée à expliquer et montrer
comment descendre une charge au winch, bloqueur ouvert, tout en évitant le surpattage.

  • Choisir, si possible d'utiliser un winch de génois, beaucoup plus puissant que ses homologues de roof, de piano ou de mât.
  • Une fois équipé, protégé et sécurisé, ligne de vie en place sur une seconde drisse, c’est le moment de se laisser hisser en montant le plus haut possible par ses propres moyens.
  • Le wincheur garde en vue le grimpeur pendant la phase d’escalade. Pas question de se concentrer sur le travail physique et de plaquer la chaise ou le harnais au réa…
  • Conserver le bloqueur fermé et la drisse sur le winch, en main, pendant toute l’opération.
  • Avant d’entreprendre la descente, sécuriser les outils et les récupérer tous, éclaircir le mou de la drisse, puis au signal convenu, faire ouvrir le bloqueur au wincheur, drisse en tension.
  • Procéder à une lente descente, wincheur et grimpeur ne se quittant pas des yeux.
  • Atterrissage en douceur et décapelage.

Les échelons de mât

Ces petits accessoires montés à demeure au mât, se rencontrent sous forme fixe (les échelons restent en position d’usage en permanence) ou rabattable. Montés en alternance de chaque côté du mât, ils permettent une ascension aisée et un accès facile à la tête de mât.
Leur utilisation implique de disposer tout de même d’une longe de sécurité montée sur une drisse et un baudrier.
Pour quelle raison ne sont-ils pas montés sur tous les voiliers ?
On leur fait les reproches suivants :

  • Ils ajoutent du poids dans les hauts
  • Ils contribuent au fardage
  • Ils accrochent les drisses au passage
  • Ils nécessitent de multiples percements du mât, jusqu’à 6 rivets par échelons, il en faut vite une vingtaine pour un mât, soit entre 80 et 120 rivets et perçages qui fragilisent la résistance du mât au flambage.
  • Les rivets aluminium souffrent de corrosion, éventuellement galvanique -un faux contact électrique sur le mât peut se produire- puis cèdent.

Concernant poids et fardage, les radômes radars installés en hauteur souffrent des mêmes inconvénients et le fardage n’est pas toujours un inconvénient ! Le risque d’accroche existe mais tout comme avec un lazy jack. Ils représentent une solution fiable, à condition de vérifier l’état et la solidité des rivets lors des visites annuelles du gréement.

Les échelles de corde ou de sangle

Destinées à être hissées à poste par une drisse puis frappées sur un taquet ou un point fixe sur le pont, elles rappellent les moyens d’accès à la mâture du temps de la marine à voile. Rappellent uniquement, car ces dernières étaient conçues avec une large base offrant une stabilité latérale importante à ces échelles, ce qui n’est pas du tout le cas de nos petites échelles étroites qui n’ont pas leur pareil pour se vriller, surtout si le grimpeur est lourd. Il n’est pas prudent de ne pas s’assurer en montant haut sur ces échelles.

A suivre : le matériel spécifique d’ascension au mât

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