Pour ce nouveau numéro de BateauScopie, ActuNautique vous emmène au Yachting Festival 2026 de Cannes, sur le Vieux-Port, pour découvrir le Sasga Menorquín 48 HT. En compagnie de Benoît Ravel, directeur de Sasga France (Yachting Conseil), nous visitons dans le détail ce yacht de plus de 15 mètres construit à Minorque. Un bateau qui assume l'héritage des unités traditionnelles des Baléares, mais derrière lequel se cachent une carène semi-déplacement moderne, deux Volvo Penta D6 de 480 ch, trois cabines et trois salles d'eau, ainsi qu'une véritable philosophie du voyage en mer.
Sur le Yachting Festival 2026 de Cannes, il était facile de se laisser entraîner dans la course aux mètres, aux chevaux et aux performances. Le Sasga Menorquín 48 HT propose une approche assez différente. Sa silhouette revendique ouvertement ses origines méditerranéennes et une certaine continuité avec les bateaux qui naviguent depuis des générations autour des Baléares.
C'est précisément ce que nous avons voulu comprendre dans cette nouvelle émission BateauScopie, tournée à Cannes avec Benoît Ravel, directeur de Sasga France.
De Minorque au yacht contemporain
Sasga est un chantier familial, toujours contrôlé par la famille Sastre, qui construit des bateaux depuis les années 1980. Le chantier a progressivement modernisé le concept Menorquín sans en faire disparaître les éléments les plus caractéristiques. Le 48 HT est le dernier-né d'une gamme qui débute avec le 35 HT et comprend également les 42, 55 et 68, tandis qu'un grand modèle est annoncé pour 2027.
Le Menorquín 48 HT illustre bien cette évolution. Son étrave haute et relativement fine, sa quille longue, son fameux capian en bois et le petit mât qui domine le rouf rappellent les bateaux traditionnels de l'archipel. Mais sous cette apparence classique se trouve un yacht contemporain.
Sa carène semi-déplacement constitue l'un des éléments centraux du concept. Contrairement aux anciens trawlers limités à 8 ou 10 nœuds, le Sasga peut naviguer à 15 à 18 nœuds en croisière, tout en conservant la possibilité de naviguer à 8 ou 9 nœuds lorsque l'on privilégie l'autonomie.
Un bateau méditerranéen jusque dans ses espaces extérieurs
La visite commence par une imposante plateforme de bain immergeable. Sur le 48, elle est même 25 cm plus longue que celle du Menorquín 55. Un choix destiné notamment à faciliter l'utilisation d'annexes plus importantes. Deux passages latéraux permettent de conserver l'accès au quai lorsque l'annexe occupe le centre de la plateforme.
Le cockpit est largement protégé par la casquette du hard-top. Les quatre vantaux des portes arrière peuvent s'ouvrir pour mettre en communication le carré et l'extérieur. Sasga assume ici une conception méditerranéenne du bateau : plutôt que de multiplier les surfaces vitrées exposées au rayonnement solaire, le chantier privilégie l'ombre et la protection.
À l'avant, autre particularité : le 48 HT dispose d'un véritable second espace de vie extérieur, avec salon et bain de soleil. Benoît Ravel explique d'ailleurs que le propriétaire de l'unité présentée à Cannes a volontairement choisi de se passer de flybridge. Le pont avant offre suffisamment d'espace pour accueillir plusieurs personnes, y compris en navigation.
Le bois comme signature
Impossible de visiter un Sasga sans s'arrêter sur le travail du bois. Teck extérieur, portes, capian, éléments décoratifs : le matériau participe directement à l'identité du bateau.
À l'intérieur, cette approche se poursuit avec des boiseries travaillées dans les ateliers du chantier. Le modèle présenté à Cannes adopte notamment une finition cérusée, mais d'autres tonalités sont proposées. À partir du 48, Sasga entre d'ailleurs dans une logique de semi-custom, avec une latitude importante laissée au propriétaire pour définir l'aménagement, les selleries, les équipements ou encore certaines finitions.
Sur cette unité, la cuisine est installée sur le pont principal, face au carré. Une autre implantation est possible avec un salon plus important et une cuisine située en contrebas. Le bateau présenté dispose notamment d'un lave-vaisselle, d'un four et de plusieurs équipements de froid.
Trois cabines et trois salles d'eau sur 48 pieds
Avec un peu plus de 13,50 m de longueur de coque, plus de 15 m hors tout et surtout 4,85 m de largeur, le Sasga 48 HT dispose de volumes importants pour sa catégorie.
L'unité visitée propose trois cabines et trois salles d'eau.
La cabine arrière principale occupe les deux tiers de la largeur disponible et permet de faire le tour du lit. Une seconde cabine arrière peut accueillir deux enfants ou éventuellement un marin. À l'avant, une autre grande cabine double dispose également de sa propre salle d'eau et peut parfaitement jouer le rôle de cabine VIP, voire de cabine propriétaire selon les préférences de l'équipage.
Deux Volvo D6, mais pas de course à la puissance
Dans la cale moteur, Sasga reste fidèle à une architecture traditionnelle : deux Volvo Penta D6 de 480 ch sur lignes d'arbre. Pas de pods IPS ni d'embases sur ce modèle.
La vitesse maximale annoncée se situe autour de 23 à 24 nœuds, mais ce chiffre raconte assez mal le programme du bateau. Benoît Ravel situe plutôt sa zone de confort entre 15 et 19 nœuds. À 8 nœuds, il évoque une autonomie pouvant atteindre environ 800 à 900 milles nautiques.
C'est finalement au cours de cet échange que se dessine le mieux la personnalité du Menorquín 48 HT. Benoît Ravel raconte avoir effectué 22 heures de mer à bord de cette unité pour la convoyer jusqu'à Cannes. Plutôt que de considérer ces heures comme du temps à réduire absolument, il décrit une navigation durant laquelle les passagers peuvent profiter du salon avant, déjeuner, lire ou simplement regarder la mer.
Le Sasga Menorquín 48 HT ne cherche donc pas à transformer chaque traversée en record. Sa proposition est différente : faire du temps passé en mer une partie intégrante de la croisière.
Affiché autour de 1,3 million d'euros TTC dans une configuration bien équipée comparable à celle présentée à Cannes, le 48 HT entre dans un univers où l'offre est abondante. Mais son identité méditerranéenne, sa construction semi-custom et sa philosophie de navigation lui donnent un positionnement assez singulier.
C'est cette autre manière d'envisager le yacht à moteur que nous vous proposons de découvrir, avec Benoît Ravel, dans ce nouveau BateauScopie ActuNautique tourné au Cannes Yachting Festival 2026.
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