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Un Bénéteau de 36 pieds, second derrière un 88 pieds, sur la mythique Transpac 2025

Dans la mythique Transpac 2025, une course où la taille semble dicter la loi, un voilier de série de seulement 36 pieds a déjoué les pronostics. Mené en double par Charles-Etienne Devanneaux et Frédéric Courouble, Rahan s’est imposé avec brio face à des concurrents bien plus imposants. Retour sur une aventure qui redéfinit les standards de la course au large.

Un Bénéteau de 36 pieds, second derrière un 88 pieds, sur la mythique Transpac 2025

Alors que l’immense monocoque Lucky, un 88 pieds à quille basculante, franchissait la ligne d’arrivée à Hawaï en tête, nul n’imaginait que son plus proche poursuivant serait un voilier trois fois plus petit. Et pourtant, Rahan, modeste Bénéteau First 36 SE Custom, est arrivé juste derrière, en deuxième position toutes catégories confondues en temps réel. Une performance d’autant plus remarquable qu’il s’agissait du plus petit bateau de la flotte et du seul engagé en double.

Loin des projecteurs réservés aux Maxis, Rahan a patiemment construit sa victoire dans sa classe, qu’il a remportée haut la main en temps compensé ORR. Sur l’ensemble du classement ORR, il échoue au pied du podium… pour une minute seulement. Mais la prouesse ne réside pas seulement dans les chiffres : elle raconte avant tout une vision différente de la course au large, portée par deux marins passionnés et une carène innovante.

comme prototype du tout nouveau Beneteau First 36 SE, Rahan a bénéficié d’une préparation méticuleuse par l’équipe Seascape et son duo de navigateurs. Revu de la quille à la mèche de safran, allégé, repensé pour le large, le bateau a été surnommé “TP” en interne, clin d’œil à la Transpac. Le modèle de série, lancé en juin, reprend son plan de carène, sa structure et sa voilure, avec une optimisation spécifique pour la jauge ORC.

Au départ de Los Angeles, Rahan s’est rapidement glissé dans le peloton de tête, tenant tête aux J111 pourtant bien plus toilés et équipés en équipage complet. Dès que les allures portantes ont dominé, il a creusé l’écart, jusqu’à finir neuf heures devant ses poursuivants directs. Sa moyenne sur les 2 397 milles a dépassé les 10 nœuds, avec des pointes enregistrées à 20,4 nœuds, malgré des conditions anormalement légères.

Pour Charles-Etienne Devanneaux, cette Transpac avait une résonance particulière. Déjà engagé en double en 2019 sur un Figaro 3 avec le même binôme, il retrouvait le Pacifique six ans plus tard avec une monture radicalement différente : « Rahan nous a bluffés, confie-t-il. Jamais le bateau ne nous a semblé petit. C’est ce que devrait être un voilier moderne : joueur, rapide, précis. »

Son partenaire, Frédéric Courouble, partage cette vision d’un offshore réinventé, plus accessible, plus léger, sans sacrifier la performance. Et l’expérience semble avoir semé des idées : la prochaine édition pourrait se faire en famille, avec les enfants de Charles à bord – à condition, peut-être, de passer à un 40 pieds.

Pour Andraž Mihelin, PDG de Seascape et chef de projet de la gamme First, cette aventure incarne l’essence du développement produit : « Travailler avec un marin comme Charlie nous a permis de faire évoluer le First 36 dans sa version la plus sportive. Son retour d’expérience a directement nourri le modèle SE que nous proposons aujourd’hui. »

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