19 Mars 2026
La levée de fonds intervient dans un contexte de contraction des financements dédiés aux technologies vertes depuis 2021. Dans ce cadre, la capacité de Candela à attirer de nouveaux capitaux, tout en mobilisant ses investisseurs historiques, constitue un signal notable pour le marché.
L’opération réunit en effet des acteurs déjà présents au capital — EQT Ventures, SEB Private Equity, KanDela AB et Ocean Zero LLC — ainsi qu’un nouvel entrant de premier plan : la Société financière internationale (IFC), branche du Groupe Banque mondiale dédiée au financement du secteur privé, qui apporte à elle seule 8 millions d’euros.
Au-delà du montant, la nature des investisseurs souligne l’intérêt croissant pour des solutions industrielles susceptibles de concilier transition énergétique et viabilité économique, en particulier dans les marchés émergents.
Les fonds levés doivent permettre à Candela d’accélérer son développement industriel, notamment à travers la construction d’une seconde unité de production en Pologne. L’objectif est d’augmenter les capacités de fabrication afin de répondre à une demande en progression, matérialisée par un carnet de commandes dépassant les 65 unités.
Cette montée en cadence s’inscrit dans une stratégie d’industrialisation fondée sur la production en série, en rupture avec les pratiques traditionnelles du secteur naval, historiquement dominé par des constructions à l’unité. En adoptant une logique de plateforme, l’entreprise vise une réduction des coûts unitaires et une diffusion plus large de ses technologies.
Le succès de cette levée de fonds s’appuie également sur les premiers retours opérationnels des ferries électriques à foils développés par Candela, déjà déployés dans plusieurs villes nordiques. Ces expérimentations ont mis en évidence des gains significatifs en matière de coûts d’exploitation et de temps de transport, renforçant l’attractivité économique du modèle.
C’est dans ce contexte que l’entreprise a opéré un repositionnement stratégique en se concentrant davantage sur les vedettes à passagers plutôt que sur les bateaux de plaisance. Ce choix reflète une évolution vers des marchés offrant une visibilité accrue, souvent soutenus par des commandes publiques ou institutionnelles, et moins exposés aux fluctuations de la demande de loisir.
L’augmentation des capacités de production doit accompagner une expansion géographique déjà engagée. Des déploiements sont annoncés à partir de 2026 dans plusieurs zones à forte densité urbaine et contraintes de mobilité, notamment en Inde, mais aussi au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est.
Dans ces marchés, la combinaison d’une demande croissante de transport rapide et des coûts élevés des carburants fossiles renforce l’intérêt pour des solutions électriques à haute efficacité énergétique.
Au-delà des considérations environnementales, l’opération met en lumière un facteur déterminant : la compétitivité économique des solutions proposées. La réduction des coûts d’exploitation, rendue possible par des gains d’efficacité énergétique substantiels, apparaît comme le principal moteur de l’intérêt des investisseurs.
Dans un contexte où les financements se font plus sélectifs, la levée de fonds de Candela illustre ainsi une évolution du secteur : les technologies de transition ne sont plus uniquement évaluées à l’aune de leur impact environnemental, mais également de leur capacité à s’imposer comme des alternatives économiquement supérieures.
Par cette opération, Candela franchit une étape supplémentaire dans son développement, en cherchant à conjuguer innovation technologique, industrialisation et rentabilité — trois dimensions désormais indissociables dans l’économie de la transition énergétique.