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L'Hermione. L’Hermione : six mois de répit pour sauver la frégate et trouver 5 millions d’euros

Publié le 5 octobre 2026 , mis à jour le 6 octobre 2026 Par ActuNautique Magazine

Placée en redressement judiciaire, l’Association Hermione-La Fayette bénéficie d’un délai supplémentaire de six mois. La décision du tribunal judiciaire de La Rochelle repousse l’échéance au 14 avril 2027. D’ici là, l’association doit notamment parvenir à réunir environ 5 millions d’euros pour achever le chantier de restauration de L’Hermione et permettre à la réplique de la frégate de La Fayette de retrouver la mer.

L’Hermione : six mois de répit pour sauver la frégate et trouver 5 millions d’euros

Le tribunal de La Rochelle prolonge la période d’observation

L’avenir de L’Hermione reste suspendu à la capacité de son propriétaire à retrouver des financements. Selon une décision rendue le 1er octobre par le tribunal judiciaire de La Rochelle, l’Association Hermione-La Fayette obtient une prolongation de six mois de sa période d’observation.

Cette nouvelle échéance conduit au 14 avril 2027. Le tribunal devrait alors devoir se prononcer sur la poursuite du redressement de l’association ou, si aucune solution viable n’a pu être construite, sur sa liquidation.

Ce délai constitue donc un répit, mais ne règle pas les difficultés financières auxquelles l’association est confrontée. L’enjeu est désormais de parvenir à bâtir un financement permettant à la fois de terminer les travaux engagés sur la frégate et de préparer son retour en exploitation.

Environ 5 millions d’euros encore nécessaires

L’Association Hermione-La Fayette chercherait à réunir environ 5 millions d’euros supplémentaires pour finaliser le chantier.

Une somme considérable, qui intervient après plusieurs années particulièrement difficiles pour le navire. L’Hermione est actuellement installée en cale sèche à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques, où d’importants travaux ont été entrepris sur sa coque.

Le problème à l’origine de cette immobilisation est désormais bien connu : le développement de champignons lignivores avait révélé une dégradation de certaines pièces de bois, nécessitant une intervention beaucoup plus importante que prévu.

Les travaux de restauration de la coque ont déjà représenté environ 5 millions d’euros. Leur poursuite et leur achèvement nécessitent cependant de nouveaux moyens financiers.

L’objectif demeure de remettre la frégate à flot et, à terme, de lui permettre de naviguer à nouveau.

Des projets de reprise qui n’ont pas abouti

La recherche d’une solution a également exploré la piste d’une reprise. Celle envisagée avec le Centre international de la mer de Rochefort n’a finalement pas abouti, le candidat s’étant désisté.

Deux autres dossiers de reprise ont par ailleurs été rejetés.

L’association reste donc, à ce stade, aux commandes d’un patrimoine maritime exceptionnel, mais également d’un navire particulièrement coûteux à restaurer, entretenir et exploiter.

La situation de L’Hermione dépasse en effet celle d’un simple chantier naval. La frégate est devenue en une trentaine d’années un projet patrimonial, touristique et maritime de grande ampleur, dont le modèle économique repose notamment sur les visites, les partenaires, le mécénat et la mobilisation du public.

L’Hermione, un projet lancé en 1997 à Rochefort

La construction de la réplique de L’Hermione avait débuté en 1997 à Rochefort, avec une ambition spectaculaire : reconstruire aussi fidèlement que possible la frégate de 12 qui avait conduit Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, vers l’Amérique en 1780.

Le chantier lui-même faisait partie du projet. Pendant près de dix-sept ans, le public a pu assister à la naissance du navire dans l’ancien arsenal de Rochefort.

La frégate a finalement été achevée en 2014. Longue d’environ 65 mètres hors tout, portant une imposante voilure et nécessitant un équipage nombreux, elle constitue l’une des réalisations les plus ambitieuses du patrimoine maritime français contemporain.

Son départ de Rochefort pour les États-Unis, en avril 2015, avait marqué l’aboutissement du projet initial.

22 000 milles parcourus avant l’immobilisation

La traversée de l’Atlantique et le voyage américain de 2015 ont donné à L’Hermione une dimension qui dépassait largement celle d’un navire-musée.

La frégate était redevenue un bateau naviguant réellement en haute mer.

D’autres campagnes ont suivi. Entre 2015 et 2020, L’Hermione a ainsi parcouru quelque 22 000 milles nautiques, participant à différents voyages et rassemblements maritimes.

Cette activité s’est interrompue avec la découverte des dégradations affectant sa structure en bois.

L’immobilisation qui devait permettre de remettre le navire en état s’est progressivement transformée en chantier de longue durée, avec une facture croissante et une situation financière devenue de plus en plus difficile pour l’association.

Une course contre la montre jusqu’au 14 avril 2027

Les six mois accordés par le tribunal ouvrent désormais une période déterminante.

Il ne s’agit plus seulement de restaurer une coque historique. L’Association Hermione-La Fayette doit parvenir à démontrer qu’un modèle financier suffisamment solide peut accompagner la remise à flot et assurer ensuite l’avenir de la frégate.

L’Hermione demeure pour l’heure visible à Anglet, où sa présence en cale sèche permet au public de découvrir sous un angle inhabituel cette réplique construite à Rochefort.

Mais la vocation du navire reste évidemment ailleurs : retrouver l’eau et, si les financements et les travaux le permettent, reprendre un jour la mer sous voiles.

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