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Editorial - la France a-t-elle encore les moyens de son sauvetage en mer ?

Editorial - la France a-t-elle encore les moyens de son sauvetage en mer ?
Editorial - la France a-t-elle encore les moyens de son sauvetage en mer ?Editorial - la France a-t-elle encore les moyens de son sauvetage en mer ?

La réforme territoriale fait peser une menace sur le financement des sauveteurs en mer SNSM, une association privée, qui assure pourtant un service public... de l'Etat !

L'inquiétude est grande parmi les 7000 bénévoles de la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer), qui assurent une grande partie des opérations de sauvetage en mer, tout au long du littoral français, au travers de leurs 220 stations, sous le contrôle des préfets maritimes et des Cross.

Cette inquiétude n'est pas à rechercher dans la capacité de l'association à trouver des bénévoles et à les faire s'engager pour une mission prenante, risquée, non rémunérée, exigeant de solides compétences et une famille prête à accepter bien des sacrifices : tout cela, les sauveteurs savent le gérer, qui y sont confrontés tous les jours ! 

Le problème est bien plus profond, qui touche au financement même de l'association : si 75% de ses ressources sont issues de dons privés ou versés par de grands sponsors, tels Total, Macif, Maif ou Airbus, 25% de ses rentrées financières viennent soit de l'Etat, soit des collectivités territoriales.


Et c'est là que la bât blesse justement !

Car le projet de réforme territoriale, en supprimant la clause de compétence générale pour les départements et régions (mais en la maintenant logiquement pour les communes), privera les départements et régions du support juridique leur permettant de soutenir le sauvetage en mer, qui n'est pas de leur ressort direct, mais de celui... de l'Etat, qui en a confié une partie de la mise en oeuvre, à la SNSM !

L'enjeu est important pour les Sauveteurs en Mer, puisque 50% de leur budget d'investissement (6 millions d'euros par an) serait assuré par les Régions ET les Départements !

Ce qui est important pour cette association, 3 millions d'euros d'investissement (sur un budget total de 25 millions), est en revanche une goutte d'eau pour ces collectivités, en  particulier quand on les compare aux montant engloutis par les départements dans leurs SDIS (les pompiers) : près de 90 millions par an pour le seul département de l'Essonne...

On comprend mieux dans ce contexte, l'écoeurement des bénévoles de la SNSM face à la décision de 6 départements côtiers de ne plus participer au financement du sauvetage en mer, les édiles ne s'étant pour une fois pas défaussés sur Bruxelles, une tradition française, mais sur...  la prochaine disparition de la clause de compétence générale, pour justifier un choix avant tout... politique !

Cette situation, si elle perdurait, viendrait à créer des "dents creuses" dans le dispositif de sauvetage en mer, à savoir des départements côtiers ne disposant plus de vedettes et canots permettant de répondre aux interventions, conduisant à une démobilisation des bénévoles locaux, au profit de moyens directement mis en oeuvre par l'Etat - mais à quel coût ? - lui qui peine déjà tant à renouveler les hélicoptères à bout de souffle de la Gendarmerie Nationale...

Si l'Etat souhaite toujours se charger de la compétence régalienne du Sauvetage en Mer en la déléguant à la SNSM, il semble donc tout d'abord que la suppression de la clause de compétence générale devrait conduire à la création d'une clause de substitution spécifique pour les régions et départements côtiers !

Il semble ensuite que l'Etat devrait également réajuster sa participation au financement de la SNSM.

Selon nos informations, cette participation serait passée de 50% du budget de l'association il y a 15 ans à 8% aujourd'hui, étant toujours restée sur des montants équivalents (!), malgré l'inflation des coûts observée dans le domaine de la formation et des matériels, inflation largement amplifiée en France par le développement de normes et réglementations en tous genres.

La France a-t-elle encore les moyens de son sauvetage en mer ?

Il revient à l'Etat de le décider, mais il semblerait pertinent que la réforme territoriale en cours soit l'occasion de pérenniser un système qui a su prouver son efficacité, tout en coûtant finalement bien moins cher au contribuable que des services mis en oeuvre par des collectivités territoriales ou l'Etat... 

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cazeils 01/12/2014 12:19

Bonjour Maui, tu dévoiles ton vrai nom et on pourra causer après.
François Cazeils

Johnny 29/11/2014 09:32

Jean t'es un crétin. Le sauvetage de la vie humaine est gratuit, par contre celui du matériel est payant. Et si t'es pas trop con, t'as une assurance sur ton bateau et ca paye le remorquage.
L'argent pour le sauvetage est juste tres mal utilisé. On devrait mettre moins d argent dans les sémaphores qui ne servent pas à grand chose et plus dans les SNSM

angelpegasus 29/11/2014 14:54

La mission première des sémaphores n'est pas le sauvetage, si vous croyez cela Johnny je vous invite à aller en visiter un pendant les journées du patrimoine ou pendant les visites estivales qui sont organisées dans certains sémaphores.
Ils sont là pour la surveillance maritime au sens large du terme : approches territoriales, surveillance de la pêche, sauvetage en mer et bien d'autres missions dédiées à la Marine Nationale.
En ce qui concerne le sauvetage en mer pour les sémaphores, ils sont les yeux des CROSS, ils sont souvent les premiers à donner l'alerte lorsqu'ils voient un plaisancier en difficulté qui ne peut donner l'alerte car mal équipé (absence de vhf, téléphone portable, etc.), un veliplanchiste, un nageur, un surfeur ou quoi que ce soit d'autre en difficulté.
Il ne s'agit pas de dépoiler untel pour donner à l'autre. Chacun a des arguments pour justifier son emploi, la chose à faire et à laquelle il faut réfléchir est plutôt de savoir comment garder la chaîne du sauvetage en mer en France pour qu'elle reste aussi performante voire plus.

Antoine F 28/11/2014 09:09

eh bien dis donc, il y a de sacré frustrés !!! moi ce que je vos, c'est qu'il y a 7000 bénévoles qui assurent le sauvetage en mer, en complément des services de létat qui n'iront qu'en diminuant, au vu de la faillite actuelle et qu'ls bossent comme des pros. Alors tout n'est pas parfait à la SNSM, il y a peut être trop de stations ici ou la, mais est-ce le problème ?? ca s'arrangera dans le temps.... en attendant, les bénévoles, ils sont bénévoles, mobilisables 24h00 sur 24 ne prennent pas de RTT et nous coutent rien en comparaison des pompiers par exemple !!!

Ali_nour@outlook.fr 27/11/2014 19:10

!!!!!!!!!!!

jean 27/11/2014 13:16

Soyons réaliste, ça fait déjà bien longtemps que la SNSM ne fait plus de sauvetage mais du remorquage payant et toutes autre activités comme les cendres en mer....
Et pourquoi les pompiers ne pourraient-ils pas s'organiser pour faire du sauvetage maritime en collaboration avec la Marine Nationale et la Sécurité civile ? Les deux derniers servant aux moyens aéroportés qui sont ultra efficaces. Ça me paraitrai plus logique que ce soit l'état et les régions qui assurent la sécurité de leurs habitants à terre comme en mer et avec des moyens d'état !
De toute façon c'est déjà un peu le cas. Quand il y a détresse en mer, c'est l’hélico de la marine qui intervient en quelques instants pour hélitreuiller et c'est souvent la SNSM qui ramène le bateau. Mais là, la SNSM fait systématiquement payer . Étrange quand on sait que le sauvetage des personnes en mer est gratuit ! Alors, c'est gratuit ou payant ? Qui intervient ? La SNSM, La Marine Nationale, les Pompiers, les Aff Mar, la Gendarmerie maritime ? On voit tout ce beau monde sur l'eau mais on ne sait plus trop qui fait quoi. Une réforme est certainement nécessaire...

NGK 07/12/2014 13:29

Je suis étonné des commentaires de Jean qui montre une méconnaissance de la SNSM.Ses propos péremptoires sont digne du café du commerce. L'activité des stations n'ont aucun rapport avec ses propos. Concernant les remorquages se ne sont pas des facturations au sens habituel du terme, mais une participation aux frais engagés et qui sont officialisés par l'Etat.Pour notre station ils représentent environ 10°/o des frais engagés. Les autres activités ne sont là que pour suppléer aux manque de financement de cette mission de service public.
NGK, Président de Station SNSM.

Michel 29/11/2014 14:35

Pourquoi perdre son temps ,a tenter de répndre a certains Cap-Horniers de pacotille ,pour qui un avis de "grand-frais " cautionne l'oulbli des glaçons pour l' aperitif dominical . La Mer n'appartient a personne ...La capacité a "balancer " autant de vilaineries incohérentes est forcement le fruit de beaucoup de frustation Vive la SNSM et ses équipages

angelpegasus 27/11/2014 15:12

Je vous confirme que le sauvetage des personnes en mer est gratuit, celui du matériel est onéreux lui, voilà pourquoi lorsqu'il y a un remorquage d'effectué celui-ci est facturé par la SNSM. Ce qui est somme toute logique. Vous me faites rire en mettant en cause la chaîne du sauvetage maritime en France, mais grâce à celle-ci de nombreuses personnes sont sauvées tous les ans.
Et puis, il faut remettre les choses à plat, que les plaisanciers et professionnels de la mer fassent plus attention aux prévisions météos et aux AVURNAV avant de partir en mer. Tous les ans, les CROSS et la SNSM ont beau faire des messages de préventions, tous les ans des plaisanciers se retrouvent pris dans un grand frais ou un coup de vent parce qu'ils sont partis le matin, il faisait beau et chaud, mais bizarrement comme l'avait prévu météo france, la météo s'est dégradée et les a mis en difficulté ! Sans parler de toutes ces personnes qui louent des voiliers en n'ayant aucune formation à la navigation et qui navigue au moteur ! Une aberration n'est ce pas ! Et pourtant, tous les ans, de nombreux voiliers sont remorqués au port car en panne de carburant, et tout ça parce que leurs propriétaires ou leurs locataires ne savent pas naviguer à la voile ou ne sont pas du tout amarinés !
Arrêtez de dire que les moyens héliportés sont mieux que les maritimes également, comment intervenir par vents trop forts ou par visibilité nulle à part par un moyen nautique adapté à la zone de navigation !
Dire qu'il y a trop de moyens SNSM au pays basque m'effraie. C'est une zone soumise à la brouillarta, certes rare, mais qui arrive, et quand ça arrive, tous les moyens disponibles sont déployés. Les pompiers ne peuvent pas intervenir au large, rappelons le.
Et pour ce qui concerne le matériel des équipiers de la SNSM, je ne suis pas d'accord sur le fait qu'un ciré, des bottes et une brassière suffisent. En tant qu'ancien de la SNSM Maui, je m'étonne de votre réflexion à ce sujet. J'estime que la vie des équipiers de la SNSM n'a pas à être prise à la légère pendant les interventions, il est normal que chaque équipier soit équipé avec du matériel qui les protège et les sauvegarde correctement si l'un d'eux est éjecté de la vedette.
Je voudrais rappeler que les canots et semi-rigide de la SNSM sont armés par des bénévoles qui risquent leurs vie à chaque sortie pour des missions de sauvetage ou de remorquage. La facturation faite lors des remorquages ou pour les dispersion de cendres sont là pour permettre d'entretenir le canot, les moteurs, le matériel, mais également de préparer le remplacement des vedettes vieillissantes.
Comme solution, ce que je prévoirais, serait plutôt d'imposer aux plaisanciers de participer annuellement au sauvetage en mer, puisque peu de plaisanciers sont capables de donner par eux-mêmes.

DESSAULX 27/11/2014 15:05

Leur intervention humaine est gratuite . Le tractage des bateaux est payant . Je sais de quoi je parle, je suis passé par là . Assistance pour incident cardiaque gratuite . Tractage de mon voilier jusqu'au port , 500 Euros . En attendant , un grand MERCI à la SNSM pour leur parfaite professionnelle intervention .

Laurent 27/11/2014 13:36

C'est bien beau tout ca de vouloir passer le bébé à l'état, mais quel en sera le cout ???? la douane, autant oublier : ils sont tout le temps en RTT !! La gendarmerie ?? elle manque de moyens et d'effectifs : quand on voit les problèmes d'entretien de leur estafettes..... et puis elle couterait bien plus cher, tout comme les pompiers, pompiers qui ruinent dejà les départements mais qui sont des enjeux électoraux alors les conseils généraux paient et paient encore... la SNSM a su démontrer son efficacité, à très faible cout pour la collectivité !! ce ne sont pas les gendarmes et les pompiers qui feront des collectes sur le terain tous les week-ends pour payer un nouveau moteur hors bord ou faire participer le grand public à l'achat d'un canot....

Maui 27/11/2014 10:31

Réponse : oui mais il faut raison garder !!!!
Il faudrait commencer par recenser et recentrer les stations , comme par exemple au ¨Pays Basque ou aujourd'hui 4 canots sont dans des ports séparés d'une quinzaine de milles ...., sans compter les petites embarcations Pneumatiques et autres.
Quand il y à quelques années , un seul canot tout temps (dont je faisais partie ) et un canot à Bayonne (quand il pouvait sortir )couvrait la zone depuis les landes et jamais une intervention n'a manquée .
Il y en à tellement que lors des rassemblements pour les fêtes (activités fréquentes et couteuses en carburant aussi ...car on s'y déplace à 20N ou plus sur 30 milles et à 3 ou quatre bateaux ... ) ils trouvent le moyen de rentrer en collision entre eux en route ; ça aussi ça coute : canot immobilisé et frais de remise en état ...ou bien se poser sur la plage ..il faut évidemment trouver des compétences nombreuses pour armer tous ces bateaux ......
Sur la frontière , 400m séparent deux stations de sauvetage frontalières ...Quand à l'équipement individuel il dépasse en prix (fabrication spéciale ,prix exorbitant et supérieur et de loin aux professionnels) et technicité largement les besoins réels . Un ciré , une paire de bottes et une brassière suffisent .
Mettons de l'ordre dans les finances et surtout les subventions pour fabrication qui font plaisir aux politiques (ce n'est pas leur argent )mais qui créent des besoins inutiles en entretient.
Faisons un ratio réel des couts à l'intervention , et arrêtons la guéguerre avec les institutions officielles telles les pompiers mieux équipés et formés pour les interventions à la cote (je ne suis pas pompier ...) Il y à bien sur des régions ou ça n'est pas le cas mais je reste persuadé qu'il faut commencer par balayer devant sa porte et rationaliser les couts .

Marchand 28/11/2014 17:08

Tout d'abord, il n'y a que deux canots tout temps en "Pays Basque", Saint Jean de Luz et
Bayonne. Une vedette 1ere classe à Hendaye et une autre vedette à Cap breton. La mise en oeuvre de ces moyens est du ressort du CROSSA ETEL qui les active en fonction des besoins et de la situation. (Les canots sont limités aux interventions de la zone des 300 mètres à 20 milles des cotes -Zone définie par la catégorie de navigation fixée par les Affaires Maritimes) En ce qui concerne l'équipement individuel, on n'est plus dans les années 70 ou effectivement on avait un ciré, des bottes et une brassière.L'équipement individuel est défini par la règlementation des Affaires Maritimes (Division 222) et il est tout a fait normal que les sauveteurs qui sortent dans de trés mauvaises conditions utilisent du matériel performant pour leur sécurité.(Pour l'info de certaines personnes, ce matériel performant n'a rien coûté à la SNSM car payé par un sponsor à l'échelon national )Quant à la limite de la frontière, côté Français, Hendaye intervient coté Espagnol deux possibilité : l'équivalent de la SNSM est la Cruz Roja armée par des bénévoles ou le canot rapide "Orion" armé par du personnel professionnel de la Marine Marchand Espagnole.En ce qui concerne les hélicoptères, la sécurité civile tout comme la Gendarmerie ne sont pas équipés pour faire toutes les interventions de nuit ou en fonction de l'état du temps (Voir naufrage du LUNO ou la gendarmerie pourtant trés habituée aux hélitreuillages n'a peu intervenir) En cas de gros problèmes, l'hélico de la Marine Nationale basé à LA Rochelle ou l'Hélico Super Puma de l'armée de l'air basé à Cazeaux. Rationaliser les coûts d'exploitation , la mise en service du logiciel "sauvamer" au niveau national a permis de le faire.Il y aurait encore beaucoup à dire pour défendre la SNSM .Tout comme pour la montagne, je rappelle que le sauvetage des personne est gratuit et que l'assistance aux biens est payante .Pour aujourd'hui c'est bon.

Un bénévole de la SNSM depuis 35 ans toujours en activité;