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Fincantieri et DCNS bientôt à la barre du chantier STX France

Associé à terme au groupe français DCNS, le chantier italien Fincantieri est le seul à avoir déposé une offre de reprise de STX France, seule unité rentable du groupe coréen de construction navale STX Offshore & Shipbuilding en faillite.

Fincantieri et DCNS bientôt à la barre du chantier STX France

Alors que tout le monde s'attendait à une reprise de STX France par le néerlandais Damen, c'est finalement l'italien Fincantieri qui devrait rafler la mise, associé à terme pour cela au français DCNS. De quoi rassurer l'Etat français, propriétaire de 33.34% de STX France.

Initialement, 3 repreneurs s'étaient fait connaître : le néerlandais Damen, l'italien Fincantieri et le sino-singapourien Genting Hong-Kong

In fine, un seul d'entre eux, Fincantieri, a déposé une offre de reprise au tribunal de commerce de Séoul le 27 décembre, pour un montant estimé par la presse italienne entre 100 et 200 millions d'euros.

C'est donc l'italien qui devrait reprendre STX France, seule filiale rentable du conglomérat coréen, et dotée de surcroît d'un carnet de commande de près de 10 ans !

Si l'absence d'offre de la part de Genting-Hong-Kong est assez logique, le gouvernement français ayant clairement fait savoir que le risque de transferts massifs de technologies de la France vers la Chine, dans le domaine de la construction de bâtiments de guerre et de paquebots de luxe était intolérable, le recul de Damen sur le dossier semblerait largement dû au rapprochement entre Fincantieri et DCNS sur ce dossier.

Concurrent frontaux sur le marché des navires militaires de surface, DCNS et Damen ne se font pas de cadeaux, alors que le français a développé une coopération dans ce domaine avec l'italien, matérialisée par le programme des FREMM, les Frégates Multi Missions.

Le rapprochement de Damen avec les clients historiques de STX France dans le domaine de super paquebots, MSC Croisières et Royal Carribean, n'aura donc eu aucun impact face à la raison d'Etat, et Fincantieri devrait donc logiquement, le 3 janvier, recevoir l'accord de la justice coréenne pour reprendre les 66.66% de parts du capital de STX France détenus par STX Offshore & Shipbuilding, avant d'en rétrocéder environ 15% à DCNS selon nos confrères de Libération.

Société stratégique s'il en est, STX France est le seul chantier hexagonal à même de construire un porte avion, du fait de sa grande forme de Saint-Nazaire (900m de long pour 67 de large), doté d'un portique capable de soulever 1400 tonnes, alors que la Marine réclame haut et fort un second bâtiment de ce type, qui lui manque cruellement. Leader mondial de la construction de paquebots de luxe, STX France emploie en ouitre 2600 personnes en direct, pour le double en indirect dans la région des Pays de la Loire.

Avec la reprise annoncée de STX France par le tandem Fincantieri-DCNS, la filière navale européenne se réorganise selon un modèle assez proche finalement de celui d'Airbus dans l'aviation civile. Fincantieri-STX France devrait d'ailleurs se positionner comme le 5e constructeur naval mondial. 

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